Alain Badirac, mon premier nom d’auteur par Alain MAUFINET.

Bonjour,

Jadis mon nom d’auteur était : Alain Badirac.

Je vous offre un extrait du début de ce roman : « Les griffes du destin » que vous ne trouverez pas chez JDH éditions. Il n’est plus édité, mais j’en possède encore quelques exemplaires.

Je vous entraine donc en Somalie en juillet 2006.

 

« Deux heures plus tard, Marlène se dirige vers un 4×4. L’escorte de miliciens, indispensable pour se déplacer, s’organise. Elle ne s’est occupée de rien. Elle refuse de participer à ce qui lui semble être une mascarade. Elle a toutefois remis une poignée de billets à son guide. Elle fait un petit signe à son photographe. Il reste à l’hôtel. Il a voulu la faire changer d’avis, en vain… Elle se fraye un passage entre ses nouveaux gardes du corps. Nerveux, ils agitent leurs armes. Le plus grand lui ouvre la portière, avant de s’écarter pour donner une tape à l’épaule de son voisin.

Curieusement, une mélodie et une poésie de soir d’orage vibrent dans le cœur de Marlène. C’est une page des jours heureux avec Pierre. Contre son épaule, elle lisait les mots qu’il traçait. Il réfléchissait, elle mordillait son oreille. Les éclairs de feu ne les empêchaient pas de fredonner. Ce souvenir annonce-t-il un péril ?

Ses gorilles sont plus occupés à plastronner avec leurs armements, qu’à assurer une protection efficace. L’un se pavane devant trois jeunes femmes admiratives. Il bombe les muscles saillants de son torse nu, habillé de deux cartouchières. Un autre écarte sans ménagement un groupe de jouvenceaux et d’adolescentes excités. Leur chef s’active inutilement. Il agite son fusil. Ses gestes brusques désignent de possibles dangers. Ils progressent pour la plupart, en ruminant inlassablement une herbe euphorisante. Cela leur donne un air détaché, insondable. Certains sont affublés de lunettes noires. Tous ont un voile rouge dans leur regard. L’escorte de la journaliste se déploie, avec de grands gestes, indifférents à une voiture grise qui s’avance.

Un véhicule terne se glisse étrangement entre des piétons bruyants. Ses roues s’immobilisent en grinçant, à côté de la voiture de Marlène. Pour un observateur, la scène se déroule au ralenti. Un homme ouvre la portière de gauche. Il se penche, posément. Aucun milicien ne s’interpose. Il a un objet long et clair dans sa main gauche. Son geste est lent et régulier. Un rayon de feu illumine le pistolet mortel. Personne ne le regarde. Il pose avec précision le canon au bas du dos de sa victime. Un ricanement du destin résonne entre les façades d’une époque révolue. Marlène n’a pas le temps de sentir quelque chose. Celui qui affirme que les coups bas se déroulent toujours dans l’ombre aurait tort.

Une détonation se marie avec le geste. Elle couvre à peine le brouhaha des lieux. Marlène se sent harponner dans le dos, par le dard d’un insecte géant. Elle souffre modérément. Elle s’affaisse lentement. Elle peut enfin s’abandonner. Elle se sent délivré. L’étau de la violence vient de la surprendre en pleine vie. Curieusement une cohorte de souvenirs marque son esprit. Le visage de Pierre envahit le pare-brise. Il devient flou. Il s’efface avant de disparaître sous la caresse d’un souffle chaud. Certaines images sont plus fortes. Elles s’affichent sur des toiles sang et or. Elle revoit son père qui la gronde. Elle ressent les caresses de sa mère la cajolant. Un visage s’impose une fois encore. Il se détache de l’ombre d’une fière bâtisse en bois, sur une terre brûlée. Elle se souvient d’un bouquet unique par la variété de ces pétales, un bouquet assemblé entre champs et prairies. Un souffle caresse son front, ses joues, son cou. Elle tente de murmurer un prénom. Un morceau de quai, les pétarades de moteurs, des péniches poussives. Les images apparaissent et disparaissent. Un vieux film se déchire dans sa mémoire. Il perd toutes ses couleurs. Une mélodie portée par des éclairs l’inonde. Une cloche sonne indéfiniment, elle s’enfonce dans les sables mouvants de la vie. Elle s’endort sur l’asphalte abîmé, au pied de la roue du 4×4 qui aurait dû la transporter. On la soulève, on la porte. Elle s’envole, et rejoint un nuage. Sa tête ballote. Elle revient de l’ombre. La vie ne la quitte pas. Sa bouche rencontre une peau aux odeurs fortes. Elle perçoit des muscles qui se tendent. Elle imagine qu’elle vient de retrouver Pierre. Elle ressent ses bras, et la douceur de sa peau. En un éclair de temps, elle décide de le rejoindre et de tout lui confier. Il est simplement trop tard. »

 

Venez donc me lire chez JDH éditions.

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