ARYTHMIES et la nostalgie de l’enfance en Corse

ARYTHMIES et la nostalgie de l’enfance en Corse

Les mains dans son armoire, il se sentit las. L’horloge accrochée au mur de son salon sonna deux fois. Il était déjà deux heures du matin. C’était une vieille horloge que lui avait léguée sa grand-mère maternelle. Elle était réellement farfelue et entassait toutes sortes de bibelots chinés dans diverses brocantes de France. Sa grand-mère, prénommée Maria, organisait ses vacances en fonction des brocantes. A la mort de son époux, elle sillonna souvent la France. Quel bazar pour tout trier et déménager lorsqu’elle rejoignit son mari à l’âge de 99 ans !

Maria était alors à Montélimar. Il fallut aussi aller la chercher pour l’enterrer dans son village natal corse, Vescovato, perché sur une montagne. Une grande place vous accueillait à l’entrée du village, ornée d’un côté d’une stèle honorant les morts ayant défendus leur terre durant les deux guerres mondiales et, face à elle, une fontaine de couleur verte parfaitement arrondie, grâce à laquelle on pouvait se désaltérer (…).

Les enfants traversaient la rue et atterrissaient dans la seule épicerie du village. Un magasin minuscule, aménagé sur toute sa longueur d’étagères qui touchaient le plafond. Les bonbons les attiraient, placés dans l’entrée du magasin.

Certains copains en achetaient alors que les autres en fourraient dans leurs poches, augmentant ainsi leur butin de petits voleurs en herbe.

Jean avait conscience que si un vieux du village le chopait, sa mémé Maria et ses copines mémés seraient intraitables. Combien de fois avait-il entendu ces histoires de voleurs qui disparaissaient dans le maquis ?