Coup de coeur…quoi queue

Coup de coeur…quoi queue

Confidence à la lune

Confidence à la lune

Coup de cœur… quoi queue…

Il ne se passe pas un jour, sans que je repense à ma maladie de l’hiver passé… Etrange mal sur lequel je ne peux pas mettre de nom.
Cet épisode douloureux m’a fait prendre conscience de l’extrême fragilité de ma vie…
Je suis plutôt du genre solide, je ne m’écoute pas vraiment… Et j’ai compris que quand on est malade on ne peut pas compter sur grand monde, à part soi.
J’étais alitée, misérable, réduite à néant, obligée de demander de l’aide à mon gosse de dix huit ans pour aller faire pipi… La honte !
Du fond de mon lit, je me dopais avec tout ce que j’ai pu trouver de médicaments dans le placard… Petit cocktail maison.
Survivre… Survivre… Survivre pourquoi… Survivre pour qui… Pour moi.
Me battre… me battre… Jusqu’au bout des larmes, ne pas jeter les armes, et faire un pied de nez à la faucheuse… Tu ne m’auras pas, du moins cette fois. Je serais plus forte que toi ! J’ai encore des choses à faire et à dire et peut être des personnes à aimer envers et contre tout. Et puis il y a eu les mots pires que des boulets de canon.
Les mots, ses mots, résonnent encore à mes oreilles, terribles… terribles pour moi.
Je dois reconnaître que peut- être pour d’autres, ils n’auraient pas eu cette résonance.
Je grelotte dans le lit glacial, en regardant le papier peint qui pend lamentablement le long du mur.
Je me revois visiter la maison, notre maison, un petit nid d’amour comme il disait, il y a si peu de tant : Une cave voûtée pour y installer mon atelier de peinture, un arbre de Judée magnifique, de belles cheminées, la maison du bonheur, qui s’est très vite transformée en manoir hanté par le fantôme de notre amour…
La longue descente aux enfers… Les mots qui rouent plus que les coups.
En bas dans le salon, une chaise grince, j’entends son pas alourdi par l’alcool qui monte l’escalier.
Il titube et grogne. Je me refugie dans le coin du lit, terrorisée, rigide et glacée.
Les mots, prononcés hier, terribles et ironiques tournent dans ma tête et une gorgée de fiel inonde ma bouche en les évoquant :  » Pauvre fille ! Tu confonds tout. Il y a coup de queue et coup de cœur. Tu fais des histoires pour rien, c’était juste un coup de queue  » et mon cœur vole en éclats.

Patricia Vidal (copyright )