Dans la peur de l’âge, extrait du collectif Nos violences conjuguées, par Tiffany Ducloy

A genou sur mes pieds

 

L’équité n’existe pas. L’égalité n’existe pas. Même entre les hommes, elles n’existent pas parce que nous sommes tous différents. Dès la naissance, nos gènes et notre milieu social créent une inégalité. Mais à inégalité égale, l’inégalité du sexe persiste. A gènes égaux, à milieu de vie égal, un homme ne sera pas l’égale d’une femme. Dans certains pays, c’est presque une doctrine insufflée par les coutumes en vigueur.
Lors de la puberté, les garçons sécrètent de la testostérone, hormone qui participe au développement des muscles. Les filles aussi en fabriquent mais en petite quantité et elle est rapidement transformée en œstrogènes. C’est parce que les hommes ont fabriqué de la testostérone que leurs muscles sont plus développés que ceux des femmes. C’est une des dures loi de la nature : leurs muscles sont plus imposants, leur voix est plus grave, leur tête est pleine d’un vide lourd et pesant. Certains d’entre eux nous mettrons à leur merci. Certains nous mettrons à genou en nous laissant debout sur nos pieds. Certains nous rendront muettes dans nos cris.

J’ai été une petite fille de dix ans qui ne trouve pas les mots.

J’ai été une adolescente que la poésie enchante.

Et je suis montée dans un train qui m’a amenée à être une femme.

Je ne veux pas être une adulte qu’on culbute.

 

 

Extrait du Collectif Nos violences conjuguées, chapitre « Dans la peur de l’âge, paru en juillet 2020