Grand départ, T.Ducloy

Grand départ, T.Ducloy

A l’avant-veille du grand départ, je m’éveille à la préparation de l’avant départ. Ca y est, l’aube d’un nouveau jour se lève sur de nouvelles nuits bercées de rêves parsemés d’envies et de folies dépourvues de furies.

Lisbonne, je tâtonne.
Lisbonne, je m’étonne.
Lisbonne, résonne.
Lisbonne aux ondulations des collines,
Mélodieux écho au son du fado,
C’est vers toi que je chemine.
Non, Il n’est pas trop tôt,
Demain matin,
Je passerai par tous ces chemins,
Sans personne pour me tenir la main,
Demain matin, j’enfourche le destin,
Et je le fais mien.

Je quitte Paris, sans parier,
Je m’envole, sans voler,
Je rêve sans dormir,
Je chante la danse et je danse le chant,
Comme un soleil dans la nuit et une lune en plein jour,
J’arrive avec mes pensées bien fraîches, dans un pays bien chaud.

Pépite du Portugal,
Mes yeux crépitent,
Tu me régales,
La vie recommence,
L’envie commence,
Mes sens qui dansent mettent mon cœur en transe.

Même pas peur, demain je décolle, demain je m’envole pour un nouveau labeur et une nouvelle heure.

 

J’ai rencontré Lisbonne il y a un an. Coup de foudre entre deux ruelles, je n’imaginais plus ma vie sans elle. J’ai choisi de tout quitter pour retrouver ma dulcinée. Bien-sûr il a fallu que j’y mette les formes, mais je l’ai fait : j’ai dit « merde » aux idées imposées. Faire des études (au moins trois ans), trouver un travail, prendre un appartement, se marier ou prendre un chat. La vie conforme et bien rangée qui reclasse les déclassés et qui tient en laisse les délaissés. Très peu pour moi. Ce n’est pas de la nonchalance vis à vis de la vie, c’est simplement que chaque jour je réalise un peu plus combien je n’ai pas envie de m’ennuyer. Alors, oui, j’aime me bousculer. Et quand plus rien ne m’étonne, je me tends mes propres embuscades simplement pour le plaisir de savoir me surprendre moi-même et de me prouver que je peux résoudre tous ces petits dilemmes. Vous voyez, je préfère faire face aux difficultés et leur tenir tête parce que c’est le meilleur moyen de se prouver à soi-même qu’on est capable de toutes choses dont on nous a toujours prétendu incapable.

Le quotidien de la routine des mentalités françaises ne m’a jamais fait vibrer. On me répète souvent : « c’est partout pareil ! » Je sais que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, mais un an c’est suffisant pour partir à la rechercher des petites fleurs dans les nouveaux bosquets de la capitale Portugaise.

Alors demain, je prendrais mes deux valises et j’endosserai le costume de l’agent aéroportuaire qui m’attend en plein air.
Et mon défi – parce qu’il y a toujours un défi tapis dans l’ombre de la lumière – sera de démarcher la Nouvelle Librairie Française à Lisbonne : une séance de dédicaces, avouez que ce serait sympa !

Believe in how strong you are !