I feel good, tabadabadabadam! Par Laure Enza.

I feel good, tabadabadabadam! Par Laure Enza.

 Pas de Chichis entre amies, c’est le titre du livre que publie Laure Enza, dans la collection My Feelgood, chez JDH éditions,  qui sortira dans quelques semaines. Auteure de talent, au caractère bien trempé, à  la plume délicieusement féminine, et vous savez combien j’y suis sensible, Laure ENZA ne cesse de nous surprendre.

Une auteure à découvrir, à suivre et à aimer. 

YLR, rédacteur en chef. 

 

I feel good, tabadabadabadam!

Au moment où mon prochain roman, « Pas de Chichis entre amies », vient d’être accepté par JDH Éditions dans sa catégorie « My feel good », je prends le temps de m’interroger sur cette classification. J’ai longtemps refusé de me coller une étiquette, proclamant volontiers que mes écrits étaient un mélange de bonne humeur et de drame, d’optimisme et de souffrances, et n’entraient pas dans les cases.

Seulement, voilà : le lecteur est un méthodique (avec des zones d’inconforts et des tiroirs de prédilection), tout comme le libraire ou le bibliothécaire avec sa nomenclature autocollante. L’auteur, comme l’éditeur, est un vendeur : il doit ranger ses livres dans le bon rayon pour être trouvé plus facilement. Personne n’ira chercher une perceuse sur l’étagère des couches-culottes, ni une romance dans les livres d’économie. Puisqu’il me faut une étagère, autant viser juste.

Pour savoir s’il y a vraiment adéquation avec mes romans, penchons-nous donc sur la définition de cette catégorie « feel-good book » qui en premier lieu a besoin d’une traduction : « le-livre-qui-vous-fait-vous-sentir-bien ». Ah, ben le recours à anglais était pratique finalement. Un roman qui vous met de bonne humeur, qui vous donne le sourire, une bouffée d’air frais qui vous fait passer un bon moment d’évasion. Cette définition semble proche de celle de la comédie et de ses dérivés (romantique, dramatique, historique, épisodique, hic !), pourquoi faire le malin avec des anglicismes à la mode ?

Parce que le « feel-good book » a quelques particularités intéressantes qui le démarquent : il doit présenter une vision optimiste de la vie, une capacité à croire en nos rêves, à évoluer, à se dépasser (tiens, ça correspond à mes romans). Il traite de sujets légers et quotidiens comme les amis, les amours, la famille (encore un point pour moi) sans être guimauve. Outre une pointe de romance, l’amitié est le lien privilégié qui est mis en valeur dans ce genre (bon, encore un de mes thèmes favoris).

Le feel-good book est écrit dans un style souple, facile à lire (ok pour mes romans) et émouvant à la fois (re-ok pour mes romans). En effet, il n’est pas seulement divertissant : par le biais d’une écriture accessible, il véhicule une vraie réflexion sur la nature humaine, les sentiments qui appellent la bienveillance, la capacité à dépasser des situations difficiles pour se réinventer et s’épanouir (n’est-ce pas la résilience dont je parle tout le temps ?), une obstination à avancer vers le bonheur.

Si la fin heureuse est l’ingrédient indispensable du feel-good, le cheminement pour y arriver est parsemé de situations graves, de doutes et d’espoirs qui font écho chez le lecteur. Point de héros parfait, mais des personnages tout en force et en faiblesses qui les rendent attachants (tiens, ça me rappelle les réactions de mes lecteurs à propos d’Ange, Ambre, bientôt Alba ?).

En conclusion, je remarque que, malgré mes hauts cris de vierge effarouchée contre le collage d’étiquettes, les différents points abordés dans cette définition (non exhaustive) du roman « feel-good » collent au style de mes romans de littérature contemporaine. C’est parti pour un classement dans les étagères à côté de mes auteurs vedettes dans le feel-good (soyons optimiste et plein d’espoir, pourquoi pas ?), chiche!

Laure Enza