j’ouvre… ma bouche. Laetitia Cavagni.

j’ouvre… ma bouche. Laetitia Cavagni.

J’ouvre…ma bouche
par Laetitia Cavagni écrivaine, poétesse et « observateuse » du monde. 

Propos n’engageant que l’auteure. (NDR)

J’ouvre ma bouche non pas pour vous accueillir mais pour faire entendre ma voix. Celle-ci coule de l’encre de mon stylo ou au son des touches de mon ordinateur. Ce portable qui a changé ma vie de femme car il est devenu ce lien qui extrait mes mots
Aujourd’hui, je les porte jusqu’à vous.

Je suis une femme. J’ouvre ma bouche et l’on me targue de folie, d’excentricité ou d’hystérie. Si j’emploie les mots qui s’apparentent à celui d’un homme, on me dit masculine.
Si j’expose mes opinions argumentées, on me dit arrogante et donneuse de leçons. Allez va « retourne dans ta cuisine. Les enfants ont la dalle. Papa va bientôt rentrer. »
allez va, réchauffe le repas et le lit. Il faut les satisfaire.

Vous pensez que seuls des hommes nous parlent ainsi. NON. Il existe des femmes que je nomme « les femmes tablier blanc ». Elles bossent. Comme moi. Elles aiment leurs enfants. Comme moi. Elles font du sport. Plus que moi. Elles ont des cheveux lissés. Pas comme moi.
OK. c’est vous qui voyez. Rentrez dans la case qui vous convient. Nous allons continuer à en explorer plusieurs. Le monde est ouvert à tous.

On dit d’un homme qu’il n’est jamais plus beau lorsqu’il ouvre son intelligence et sa connaissance aux autres.
On dit d’une femme qu’elle est ennuyeuse. Ne pourrait-elle donc pas être juste jolie et agréable à regarder sans trop de bourrelets. Et surtout pas, oui, surtout pas, une VOIX.
Ha, misère, elle va la fermer celle-là !
J’hésite entre me soumettre ou…Ben non, je vais continuer à l’ouvrir ma bouche et pas juste pour vous accueillir, messieurs et même mesdames.

Je suis libre d’être une femme à VOIX. Une femme dont la beauté passe par son intelligence. Parfois par de la poésie crue.
Beaucoup n’ont pas compris que l’érotisme est délicat. Il a beaucoup de classe. Il est un souffle doux sur une peau moite.
Il est une joue rouge dans un soupir. Il est le secret d’un amour, d’envies multiples et d’un consentement.
Il est ce que l’on veut alors ne le salissait plus.
Il est aussi ma VOIX. La voix des femmes libres.
Les poètes ont la clairvoyance du monde. Les femmes poètes ont la clairvoyance et le cœur pour vous voir tels que vous êtes.

Une femme libre est une humaniste avant tout le reste. Elle a compris le monde même l’incompréhensible. Elle aime le monde même le laid.
Elle pleure. Elle crie. Elle rit. Elle vit. Elle aime. Elle baise. Elle enfante ou pas. Elle prie ou pas. Elle se soumet ou pas. Mais qu’est ce qu’on s’en fout ?

Elle peut s’appeler Brenda ou Kelly et avoir un master en ingénierie nucléaire.
Elle peut écrire l’amour, être une femme au foyer et vous calculer (1456/45)+(23-23476)… à vos feuilles. Vous avez…c’est fini.
Voilà ce que l’on offre aux femmes. Un faux espace de parole et d’épanouissement.
Et pourtant… pourtant, elle est l’autre moitié de l’humanité. Amputez-vous de nous et vous amputez le monde de la moitié de lui-même.

Elle choisit. Elle consent. Elle aime.

Et moi, féministe dans l’âme, j’aime. Peu m’importe qui tu es. « combatteuse » devant l’injustice, pour les plus fragiles.
Parle et apprends-moi ta différence.

Moi, féministe, ma porte est ouverte.
Mais, je ne suis pas naïve. Je ne sors jamais sans une pelle…

Laetitia CAVAGNI