Les noces perverses.

Les noces perverses.

Si je suis co-auteur avec Ana Jan Lila sur la série de Stockholm à Lima, c’est pour deux raisons. C’est d’abord une rencontre professionnelle et amicale avec cette délicate et discrète personne et ensuite, cela m’a permis de renouer avec le genre érotique que j’ai pratiqué sous différends pseudonymes dans mes vertes années. Le scénario m’offrait non seulement la possibilité d’écrire pour une trilogie qui s’achèvera comme le plus beau des romans d’amour, mais aussi d’aborder les thèmes du polar. Avec excès et sans censure, au plus bas du genre, pour « cogner sec et fort ».

J’en profite pour remercier notre éditeur qui défend et offre à ses auteurs comme au directeur littéraire que je suis, un somptueux espace de liberté.

La thématique du livre :

Un film comme Portier de nuit, de Liliana Cavani sorti au début des années 70, avait particulièrement marqué ma mémoire et le thème, loin des « sexploitations » bas de gamme du genre (Hilsa par exemple), m’avait intrigué. Car on y parlait déjà à demi-mot de ce qu’on appellera le syndrome de Stockholm. Et de Lima. Plus tard, j’ai eu la chance de voir des interviews rares d’un personnage aussi incroyable que Simone Veil, abordant ce sujet et la survie qui dépendait de l’attrait sexuel que de jeunes femmes ou de  jeunes filles pouvaient avoir sur leurs bourreaux dans les camps nazis. Enfin, dans sa version non censurée, l’histoire vraie du  livre « Le tunnel » d’André Lacaze m’avait choquée. Et, étant ami d’une journaliste d’investigations qui enquête sur les réseaux de prostitution partant du Brésil, transitant par la Suisse et exploités en Allemagne, j’avais été fasciné de découvrir dans son travail,  que la base de ses réseaux fut créée par des dignitaires nazis et consorts et que de génération en génération, les noms et les lieux ne variaient pas. Et dans ce livre, Ana Jan et moi en parlons beaucoup.

Ensuite, le voyage initiatique du personnage principal masculin m’a permis d’exploiter les ressorts du genre. Il y a des scènes qui se passent sur le fleuve amazone ou dans un dispensaire perdu dans la jungle, qui sont, je cite Jean David Haddad « d’un réalisme bluffant », et qui n’ont rien de sexuel. Vous y retrouverez des hommages à Hugo Pratt, London et Hemingway ainsi que Miller. Elles sont de mon fait, Ana Jan travaillant en parallèle sur le personnage principal féminin du livre, à savoir Jan. Et elle a fait fort, elle a réussi à transférer les syndromes d’un personnage à l’autre. J’ai donc aussi fait une escale à Rio en plein carnaval, avec une scène de meurtre « d’anthologie », pour citer un célèbre écrivain que je ne souhaite pas nommer ici par discrétion pour notre relation,  ou à Belém, dans une chambre d’hôtel sordide qui a eu pour effet  de faire dire à l’excellente Maryssa Rachel (Outrage, J’ai tangué sur ma vie), je cite : « Des passages terribles !Une tout autre ambiance que le tome 1. J’adore ! » Et de réaliser ensuite un Teaser vidéo magnifique sur le livre, que vous pourrez trouver sur ma page ou celle d’Ana Jan Lila, entre autres.

D’ailleurs, le sexe ne concerne qu’un tiers des 400 pages du livre. Même si elles sont particulièrement intenses. Il n’y a que quelques auteures mal intentionnées de new-romance (ce qui n’a rien à voir avec notre série, ou alors en  très «Bad romance ») pour dénigrer ce livre… Ne nous trompons pas de genre, nous sous inscrivons dans une logique qui se veut différente de ce qui se pratique habituellement dans les livres à connotations érotiques.

Nous avons aussi multiplié les références musicales, notamment avec un grand opéra et de nombreuses allusions à la musique jazz. Idem pour la peinture contemporaine et classique et pour la civilisation précolombienne.

Nous nous sommes également fait plaisir en inventant le personnage d’une tueuse totalement déjantée qui : « renvoie le Jocker de Batman au rayon jouets ».

Nous avons aussi abordé les thèmes récurrents du polar : vengeance familiale, amour déçu, tromperie, kidnapping et interpol.

Enfin, nous avons tissé une toile d’araignée très complexe pour le scénario, et si de l’avis des lecteurs, le tome 2 est totalement surprenant, attendez de lire le 3. Un indice pour son thème principal : L’écume des jours.

 

Yoann Laurent-Rouault, alias Arthur Saint-Servan.