Miaou miaou j’veux des caresses.

Miaou miaou j’veux des caresses…

Pas moyen aujourd’hui de caresser un chat de gouttière rencontré au coin d’une rue

sans avoir peur d’attraper la Covid, à moins d’avoir un flacon de gel hydroalcoolique en poche.

Miaou miaou j’veux des caresses…

Il est pourtant attendrissant ce chat, avec son pelage noir et blanc, son corps trapu, ses oreilles déchiquetées de bagarreur, l’œil à moitié fermé et la queue en détresse.

Miaou miaou j’veux des caresses…

Il s’approche sans hésiter et se frotte à mes jambes en me faisant confiance comme peu d’êtres humains l’ont fait avant lui (se frotter à mes jambes et aussi m’accorder leur confiance)

Miaou miaou j’veux des caresses…

Il me tend sa tête ronde en même temps que j’approche la main. Mourir pour une caresse, cette  mort en vaut bien d’autres…

Allons ! Je dois partir. Excuse-moi le chat, le devoir m’appelle. Salut, beaux toits et belles caresses. Tiens, en rentrant, je prendrais bien une bière, au café du coin. Mais non ! Tous sont fermés depuis des lustres. Qu’il était doux « le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain »

Thomas Degré, auteur de ‘La demoiselle de nulle part », collection Magnitudes