Pike ou la délicatesse du rock. Par Laetitia Cavagni.

Pike ou la délicatesse du rock. Par Laetitia Cavagni.

PIKE  ou la délicatesse du rock

groupe de rock aixois

janvier 2020, par hasard, j’écoute un lien que l’on m’envoie. C’est une chanson.

« si mon cœur (est un moineau ».

Elle me raconte « c’est l’amour qui suffit à ma peine ».

janvier 2020, mes mots ne sortent plus. Après une agression, je ne peux plus écrire. Vais-je finir ce roman ?

J’écoute. J’écoute les mots de ce groupe que je ne connaissais pas en décembre 2019.

Pike, un groupe de quatre gars crée en 2015 du côté des cigales et de la montagne Sainte-Victoire, muse de Paul Cézanne, Auguste Renoir et même Wassily Kandinsky.

Cette terre fertile d’envolées artistiques a vu naître, encore, ce qui fait l’importance de l’art : la poésie du monde.

Les textes de leur auteur- chanteur-compositeur-musicien (c’est tout?), Olivier Pike en sont emplis.

Il verbalise. Il conte. Il musicalise. Il nous imprègne. Il s’insère et nous sait avant nous-mêmes.

Mes certitudes de poétesse se confrontent aux certitudes de cet auteur-chanteur-compositeur-musicien. Tant de fois, je me dis, avec une humble jalousie, « putain mais pourquoi je n’ai pas pensé à écrire ça ? »

Pike et sa sonorité mélancolique aux quatre rockeurs influencés par Renaud, Noir Désir et The Beattles. Indécrottables Beattles.

Pike est son talent indéniable. Ils ont ouverts, en septembre de cette année, le festival de la chanson française d’Aix en Provence.

Festival liant les artistes connus aux talents encore silencieux. Fallait l’avoir ce billet et ils l’ont eu. Comme Olivia Ruiz. Comme Pauline Croz. Des voix, des textes.

Des artistes généreux, amoureux de nous, de la vie.

J’ai entendu « les heures sombres ». j’ai entendu « reste ». j’ai écouté « Ici ou ailleurs ».

j’ai repris l’écriture et finis d’écrire mon roman. J’ai repris la poésie.

Ils ont tout compris à l’art. L’art fait réfléchir. L’art rend le souffle qui nous manque.

Pike à écouter sur leur page facebook et sur Youtube.

Pike et leur concert en visio. Leur bonne humeur malgré la dureté du contexte actuel pour les artistes. On les empêche d’être et ils sont quand même.

J’écris en musique sur Radiohead, Patti Smith, Berthoven , Verdi et Léo Ferré. J’écris depuis janvier sur Pike.

À vos oreilles.

J’écris sur « un instant, une vie » : « lentement, je me noie dans tes yeux, dans tes bras

un instant, une vie déjà. »

j’écris sur une voix légèrement rauque. J’écris en jouant sur leurs notes sombres mais vivantes. J’écris sur ce fil rouge qui lie chacun de leur cœur à celui de l’autre. Ce lien entre eux est palpable. Généreusement, ils nous le montrent et nous font du bien.

Un second souffle.

Laetitia CAVAGNI, écrivaine et poétesse.