Smartphones, l’obligation officieuse par Gilles Nuytens

Depuis de nombreuses années déjà, j’entends très souvent dire ceci : « mais qui n’a pas encore de smartphone aujourd’hui ? ». Toujours sur un ton si pas hautain, certainement on ne peut plus moqueur. Ceci sans doute pour justifier d’une certaine façon une sorte d’obligation officieuse d’en posséder un. Et surtout pour permettre d’imposer des services « smartphones exclusivement » un peu partout dans la société. Ainsi pour pouvoir utiliser tel ou tel service, il est désormais devenu obligatoire d’en posséder un (sinon, vous vous passez de ces services car les lois sur la discrimination, ils se torchent avec). Cela va de la simple petite association de quartier aux plus grandes banques du Pays – en Belgique en tout cas – comme BNP Paribas par exemple (Ex-Fortis, Ex-Générale de Banque, Ex-Société Générale) pour bien la citer. Pour être accepté en société il faut donc désormais posséder cet appareil. Car on va vous demander votre « whatsap » – le grand classique, il ne rate jamais celui-là –, on va vous demander de faire une photo ou une vidéo n’importe où, n’importe quand. On va aussi vous dire en pleine rue d’aller voir sur Gogol si vous avez l’audace de demander un renseignement. Car certains on leur smartphone quasi greffé à leur main, ils dorment même avec…

 

Eh bien moi, mesdames et messieurs, je n’en ai pas. Je n’en ai jamais eu et je n’ai pas du tout l’intention d’en avoir. Jamais. Je n’aime pas ça, je n’ai pas besoin de ça, ça ne m’intéresse pas et surtout je ne supporte pas ça. Être « joignable », connecté, pisté et traqué en permanence, non merci. Quand je sors de chez moi, j’ai envie d’avoir la paix. Rien qu’apposer mes mains sur l’un de ces engins, ça me donne envie de le jeter par la fenêtre. Combien de fois a-t-on déjà essayé de m’en vanter les mérites ? Veut-on créer chez moi un besoin que je n’ai pas ? C’est drôle, tous ces gens, ces grands moralisateurs sont tous en train de taper sur les grosses multinationales « capitalistes » mais ils ne peuvent pas se passer de leur petit joujou… qui est une véritable pompe à fric qui engraisse un petit peu (beaucoup) chaque jour ces « multinationales » qu’ils détestent tant. Et lorsque vous leur faites remarquer, ils vous jettent au mieux ce regard de mépris tellement révélateur, au pire, les insultes volent.

 

La société pousse à la « digitalisation » forcée et forcenée du monde. C’est du matraquage. Ainsi leurs technologies deviennent officieusement obligatoires puisqu’on ne pourra bientôt plus rien faire si on n’en possède pas. On vous impose ces fameux QR codes un peu partout, des sites et services en ligne vous bloquent l’accès à certaines fonctionnalités si vous n’en possédez pas (les propriétaires de pages FakeBook un peu trop populaires sont obligés de devoir se localiser via leur « application », sans quoi ils ne peuvent carrément plus faire usage de leurs « pages » sur ce réseau anti-social), la Poste belge impose une taxe de douane sur les colis provenant hors de l’Europe avec… tadaaam… devinez quoi, un seul mode de payment : via le smartphone (si vous n’en avez pas, le colis est renvoyé à l’expéditeur, aucune autre alternative). Et comme je le disais plus haut, certaines banques obligent leurs clients à avoir un compte « en ligne » et certaines fonctionnalités sont désormais exclusives pour l’application smartphone. Un compte en ligne ne suffit plus. Il faut l’application pour accéder à certaines fonctionnalités. On assiste vraiment à une nouvelle forme d’apartheid. Un apartheid technologico-social.  Il y aura donc très bientôt (et même encore plus tôt que vous ne croyez) des citoyens de secondes zones comme moi. Car le refus de l’injection expérimentale actuelle n’est que le début de cet apartheid. Nous serons des parias. Alors je serai un citoyen de seconde zone. C’est comme ça. Je ne cède pas au chantage. Quand je vois cette société de zombies et de soumis que cette technologie a engendré, ça ne fait que me conforter dans l’idée de ne jamais posséder ce type d’appareil. Depuis leur apparition, le QI général de la population semble plonger droit vers le vide abyssal. Sans eux, la crise du C0nvid n’aurait jamais eu lieu non plus.

 

« Il faut savoir évoluer », « blablabla »… L’évolution n’est pas synonyme d’amélioration ! Sachez le ! Il s’agit même parfois de « démélioration ». Si l’évolution tend vers le bas, alors il vaut parfois mieux ne pas évoluer du tout plutôt que de « déméliorer ». Et je ne parle pas de régression. Par moments, je me dis que si cette société pouvait un petit peu « régresser » d’une trentaine d’années, ce ne serait pas plus mal. Mais non, elle « déméliore » année après année. Leur fameux « monde en marche », qu’ils se le gardent. Si c’est pour marcher et devenir des zombis comme eux, je dis : NON.