Un zeste d’amertume chez les hôteliers.

 

 

 

I have a dream !
Cette nuit j’ai fait un rêve, un rêve étrange et à la fois plein de sens. J’ai été touchée par le discours sévère de notre Président lorsqu’il a évoqué les conditions drastiques de son Pass-Sanitaire avec toutes les menaces qui en découlent : sanctionner les patrons de l’hôtellerie et leurs salariés, sanctionner le personnel soignant, retirer les droits aux chômages, scarifier les articles de lois, couler l’âge de la retraite et j’en passe… Je ferai également l’impasse sur les organisations et les accueils du public dans les lieux de divertissement, et je ne reviendrai pas sur les mesures incohérentes qui sont prises depuis le début de la crise.
Je suis secouée par ces annonces récentes, et me sens littéralement assommée sur les réseaux sociaux par cette déferlante collective de moqueries, voire d’insultes de la part des Vax envers les Non-Vax. J’ai une étoile jaune sur la poitrine parce que je ne suis pas vaccinée. Je suis une meurtrière à en devenir parce que je risque de rendre malade tous ceux que je croise alors que depuis deux ans de port du masque et de lavage de mains au gel hydroalcoolique, j’étais jusqu’à présent une personne saine et responsable, soucieuse du respect des règles que j’appliquais sans sourciller, mais depuis le 12 juillet je suis devenue marginale et fouteuse de merde malgré moi.
Une division se creuse.
Derrière son écran, chacun répond au commentaire de l’autre dans un climat sous tension qui se découvre sur la toile. Ça répond dans la précipitation, ça balance, ça crache, ça flingue ! C’est le festival des comportements angoissés. Il y a celles et ceux qui essaient de se démarquer en apportant quelques informations afin de se justifier sur les raisons qui les retiennent à se faire vacciner, mais ça se fait traiter de complotistes et d’illuminés alors que justement leur consentement n’est pas éclairé. On étale sur la toile des articles et des textes de lois évoqués dans la CEDH simplement pour expliquer qu’à l’heure actuelle, il n’est pas légal qu’un patron de restaurant harcèle ses employés pour se faire piquer. On demande où il est mentionner quelque part dans le code du droit du travail, qu’il est normal de se faire virer le 31 Aout sans ressources après des années de bons et loyaux services. On oublie évidemment tous les bons moments passés entre collègues, on oublie cette solidarité singulière dans nos équipes de travail, on oublie les compétences professionnelles et on se focalise seulement sur la piqure. Celui qui n’est pas piqué devient le maillon faible, le boulet, le point noir et oublie tout ce qu’il a fait pour l’entreprise, ainsi que ses qualités humaines. On oublie l’amitié et les rires et on exclut le mouton noir du troupeau. L’ambiance au travail est pesante, on se sent comme dans un parc pour bambins où tous les coups de pelle sont permis dans le bac à sable.
Cette nuit j’ai fait un rêve. Quelque part caché dans mon subconscient, ma consternation a laissé place à l’empathie, la bienveillance et à l’apaisement. Manu Macron était dans mes bras comme un enfant apeuré que j’étais en train de consoler. Je me revois le bercer caressant son front comme pour rassurer la nation. Je le calme en le blottissant contre moi et je le conforte d’une voix douce et maternant. « Arrête de t’énerver petit bonhomme, lui dis-je. Ce n’est pas comme ça que tu vas y arriver. Tu es un grand garçon maintenant alors ouvre ton cœur. »
Manu Macron sécha ses larmes, se ressaisi, et je me réveillai. Ce matin-là, facebook tâchait encore la toile de gris et les mauvaises nouvelles continuaient d’affluer : « Mon patron vient de m’annoncer qu’après la saison je serai viré si je ne me fais pas vacciner. » Parallèlement France-Info annonçait que le parlement assouplissait les sanctions et ne mettrait pas ‘’toutes’’ les menaces du Président à exécution, mais la machine à faire peur est en marche et il ne sera pas évident de faire rétropédaler tous les patrons qui depuis une semaine font fonctionner la machine à pression. La crédibilité du patron risque d’en prendre un coup et on peut prévoir l’indigestion.
Bien évidemment il n’y a pas que des patrons angoissés dans la sphère hôtelière, il y a aussi les non-gendarmes et les solidaires : ceux qui se réunissent pour former un troupeau de mouton noir et qui ont choisi de n’être ni exécutant, ni exécuté.
Issue de la restauration, j’ai ce métier dans les veines, pourtant ce n’était pas gagné. Cancre de la maternelle à l’école primaire, l’école hôtelière fut un refuge et m’a libéré de mes chaînes. J’ai appris le sens des responsabilités, on m’a fait confiance et je me suis épanouie. Enfant timide, je suis aujourd’hui une adulte très à l’aise avec le public, j’aime être au service des clients, j’aime leur faire découvrir de nouveaux mets, j’aime la gastronomie, j’aime l’ambiance d’un restaurant, j’aime ce que la restauration a fait de moi. Je suis en salle comme sur une scène et je joue mon rôle le temps du service. A la fin du spectacle, je me change en coulisse et je rentre chez moi avant de refaire une représentation le lendemain. Je suis une personne lambda et j’ai dans le cœur, une chambre d’hôte qui attend dans un coin de mes rêves. Je veux vivre, je veux que vivent mes enfants et je me battrais chaque jour pour ne jamais être comparée à une terroriste. Je clarifierai les situations sur facebook à chaque fois que j’estimerai cela nécessaire, et je soutiendrai de sources sûres qu’il ne s’agit pas d’un vaccin mais d’un produit dont les phases tests ne sont toujours pas finalisées et non-homologués, et j’expliquerai simplement de mon propre arbitre que je ne souhaite pas me le faire injecter et que j’en ai le droit !
J’ai le coeur serré quand je lis tous ceux qui veulent fermer et vendre leur restos.
Je n’incrimine pas les Vax ou ceux qui croient l’être et je respecte leurs choix et leurs craintes. Je ne suis pas anti-vaccins, mais je suis contre la propagande. Je suis contre l’intérêt économique avant celui de la santé mais j’ai l’impression d’avoir d’avantage de bon sens en économie que certains économistes. Je suis pour le respect des droits de l’homme et des Martiens et je souhaite éperdument que le respect entre les Vax et les Non-Vax soit possible et que l’on puisse vivre dans un monde de tolérance plus que d’indigence. Alors merde quoi! Restaurateurs, des recours existent, on n’est pas encore cuit. Oui chef, on veut des assiettes pleines de saveurs sur le passe, on veut des bons qui remplissent les cuisines, on veut des larmes à cause des oignons mais pas à cause du Pass-Sanitaire. Chaud chaud chaud!!!!!!!!