À propos de Cendrillon du trottoir.

À propos de Cendrillon du trottoir.

À propos de Cendrillon du trottoir.

Pourquoi ai-je écrit mon autobiographie ? Pourquoi se mettre à nu, tout révéler, sans fausse pudeur, honte ni censure ? Ce fut d’abord une thérapie, une catharsis et un exutoire. L’écriture m’a permis de tourner la page.

Publier ce témoignage sur l’univers de la prostitution et de la pornographie sadomasochiste en plein mouvement « Metoo » me semblait une nécessité. Dénoncer pour libérer la parole des victimes est à mon sens un devoir. Je me veux féministe. Je ne hais pas les hommes, seulement ceux qui se sont prêtés à ces jeux pervers. Je ne suis pas une « chienne de garde ». Le féminisme que je revendique est celui du bon sens, celui d’une survivante de la prostitution, plus guerrière que survivante d’ailleurs. Le stylo est mon arme, les mots, mes grenades. Ma bataille, mon combat est de rendre leur dignité à toutes ces femmes bafouées. Mon récit s’inscrit dans une logique de vérité pour toutes mes petites sœurs d’infortune, battues, prostituées, sacrifiées sur l’autel du porno. Je serai leur porte-parole, leur voix et leur écho.

Mon récit est destiné à faire évoluer les mentalités. Je raconte ce que tant d’autres femmes vivent au quotidien dans l’indifférence générale. La prostitution qualifiée à tort de « plus vieux métier du monde » ne devrait pas être tolérée dans une société civilisée. Trop de gens fantasment sur ce concept qui n’est rien d’autre qu’un viol tarifé. La pornographie est omniprésente partout et banalisée jusque chez les mineurs. Cette situation est intolérable.

Que ce soit dans le porno ou sur le trottoir, les victimes sont recrutées dans les couches les plus fragiles de la population. Mon histoire personnelle en est un excellent exemple. Bipolaire, il fut facile d’exploiter mes troubles psychiques et mes faiblesses à des fins commerciales. L’industrie du sexe utilise les failles de ses « travailleuses ». En matière de sexualité, il ne devrait jamais être question de travail, seulement de plaisir. Nous en sommes bien loin, croyez-moi !

J’ai récemment regardé un reportage à la télévision (Zone interdite, magazine d’Ophélie Meunier) sur la prostitution chez les mineures, un véritable fléau en plein essor. Des gamines à peine pubères tombées aux mains de trafiquants sans scrupules guère plus âgés qu’elles pour certains. Ça m’a bouleversée et pourtant j’en ai vu beaucoup dans mon ancienne vie…

« Cendrillon du trottoir » est une œuvre incontournable pour qui veut vraiment ouvrir les yeux sur ces problématiques.

Bianca Bastiani