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Interview de Erell Buhez, auteure de « Tuée sur la bonne voie »

INTERVIEW de notre toute nouvelle auteure Erell Buhez, publiée dans la collection « Nouvelles Pages » de JDH EDITIONS.

Interview menée par Jean-David Haddad, Editeur.

JDH – Vous êtes une nouvelle auteure de la maison. Vous venez de publier : « Tuée sur le bonne voie ». Pouvez-vous résumer ce livre ?

Ce livre est le journal d’un parcours de résilience

Il transmet, entre autres, mes réflexions sur le sujet tabou du suicide.

Écrit sans faux-semblants, il témoigne d’un véritable chemin de reconstruction et de luttes face aux vertiges de la dépression.

« Tuée sur la bonne voie » est aujourd’hui destiné à aider les personnes fragilisées par cette maladie, ainsi que leur entourage, à trouver la voie de la guérison.

En ces temps anxiogènes de pandémie mondiale, il porte aussi mon regard sur l’année 2020, si particulière…

JDH – Y a-t-il une part d’autobiographie ?

Il n’y a que de l’autobiographie puisqu’il s’agit de mon propre combat, qui, malheureusement reste celui de nombre de personnes, d’autant plus aujourd’hui. L’écriture a d’abord agi comme un exutoire avant de servir aux autres, c’est mon seul souhait.

JDH – Quel regard portez-vous sur le suicide aujourd’hui et en particulier le suicide des jeunes ?

Avant, je pensais que les personnes qui se suicidaient étaient des lâches.

Je ne peux, aujourd’hui, que constater combien je me trompais. Les idées noires arrivent, sans que l’on n’y puisse rien, à part se faire soigner. Cependant, beaucoup ne savent même plus tirer la sonnette d’alarme. Actuellement, on dénombre plus d’un quart de la population en dépression dont une très grande part de jeunes.  Leur chemin de vie ne fait que commencer, pourtant, ils passent à l’acte et je trouve cela très inquiétant. Les structures hospitalières, les soignants, dans le public comme dans le privé, sont débordés, faire établir un diagnostic devient compliqué. Patienter, en tant que patient, pour consulter est donc une souffrance supplémentaire. Cela peut en arrêter plus d’un, à tenter ce parcours de soins, pourtant indispensable.  Quelle volonté peut-on avoir encore, lorsque l’on est atteint par ce que j’appelle « la maladie de la volonté », pour parvenir à s’en sortir ? Les jeunes sont encore plus démunis car, selon moi, ils n’ont que peu d’expériences et un grand sentiment de vide et de décalage. Pour peu qu’ils soient isolés, contraints ou volontairement, la descente aux enfers devient insupportable.

Nous vivons dans un monde anxiogène, il faut absolument leur apprendre à savoir comment se préserver, se protéger. Rappelez-vous de vos jeunes années et imaginez les mêmes souvenirs avec la pandémie actuelle… en ce qui me concerne, aucun bon souvenir ne se transforme en impossible souvenir !

Le suicide est un moyen de faire cesser ce sentiment permanent d’inutilité, cette absence de projection, ce regard terrible porté sur soi, seul. C’est un moyen, pas une solution.

JDH – Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous ? Votre parcours etc.

J’ai 47 ans, je suis une femme, une fille, une sœur, une amie et surtout, la maman de deux bouts d’amour à qui je ne demanderai jamais assez pardon.

J’ai vécu des tsunamis tout au long de ma vie, en voulant tout minimiser, en voulant m’adapter à ce qu’on attendait de moi. J’ai toujours écrit, lorsque mes états émotionnels s’emparaient trop fort de mon moral.  En tant que professionnelle, j’ai passé trente ans de ma vie auprès des enfants mais je viens de tirer ma révérence pour me préserver. Animatrice, puis enseignante spécialisée auprès des élèves en grande difficulté, j’aspire, aujourd’hui, à aider la jeunesse autrement, je ne sais pas encore comment.

Militante dès mon plus jeune âge, je voudrais que chacun puisse trouver sa place en ce monde, une douce utopie ?

JDH – Vous définissez vous comme une femme forte ?  Je suis en pleine réflexion sur ce sujet.

Porter un regard sur soi, bienveillant, est déjà un énorme progrès.

J’avance, à mon rythme, sur cette voie. Mais, au fond, non, je ne crois pas être une femme forte, je suis Erell, avec autant de qualités que de défauts, peut-être un peu comme la majorité des êtres humains. Je suis en questionnement permanent sur la difficile réalité de ce monde, ma force réside quand même, désormais, dans ma faculté d’analyse et ma capacité à ne plus m’entourer de personnes toxiques.  Et, je sais glaner les petits bonheurs du quotidien, ce que je ne parvenais pas à faire.

J’ai appris ma plus belle leçon de vie il y a deux ans à peine !

Puisqu’il a fallu continuer, autant vivre autrement, du mieux que l’on peut, en évitant le plus possible de retomber dans les même schémas.

 

JDH – Est-ce votre premier livre ?

Oui, c’est mon premier livre achevé, un projet abouti, avec une envie de partager mon expérience pour aider, celles et ceux qui sont au bout du rouleau.

Quant à moi, après, je suis allée au bout de l’écriture et, pour une fois, je peux dire que je suis fière. J’ai déjà l’impression d’être présomptueuse en le disant mais, il paraît que cela s’appelle le syndrome de l’imposteur. La fierté, je la vois dans les regards et les messages de mon entourage proche, alors, je me dis que ce livre est important autant pour eux que pour moi.

JDH – Maintenant que vous avez publié ce livre qui vous tenait à cœur, avez-vous d’autres projets d’écriture ?

J’en ai trop ! Donc, il va falloir choisir. Comme choisir, c’est renoncer, j’ai toute la vie devant moi, je vais axer sur les priorités et, dans un premier temps, ce ne sera pas forcément écrire un deuxième livre. Cela viendra, je le sais, au bon moment, un moment choisi. La seule chose dont je suis certaine est que ce prochain livre ne sera pas autobiographique.

JDH – Merci pour cette interview emplie d’une ravageuse sincérité ! Puisse-t-elle, au sens propre du terme, ravager tous les instincts suicidaires!

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La dernière émission TV « Les Pros de l’Éco » en podcast!

La dernière émission « Les Pros de l’Eco », co-produite par EDICO (maison-mère de JDH EDITIONS) et TV FINANCE, diffusée en direct jeudi 25 mars à 10h45, est désormais visible en podcast!

Vous la trouverez ci-dessous, et sur la chaine Youtube JDH EDITIONS.

Nos émissions « Les Pros de l’Eco » s’appuient sur la collection de livres du même nom. Dans cette dernière émission, consacrée à l’innovation, Jean-David Haddad, qui prend sa casquette d’économiste, montre combien l’Europe a accumulé un retard sur le sujet, retard qui incite nos chercheurs à fuir là où l’herbe est plus verte!

Le chef d’entreprise présent sur le plateau est Sylvain Navarro, DAF de Drone Volt.

L’auteur de la maison présent sur le plateau est Adnan El Bakri, auteur de « Prédire l’évolution du cancer avec l’intelligence artificielle », qui développe une sorte de passeport médical, qu’il explicite longuement… Il dit lui-même qu’il sera peut-être à l’origine du futur passeport vaccinal!

Enfin, pour finir sur la technologie, JDH présente deux romans de la maison d’édition, qui mettent en scène la technologie avec tous ses côtés pervers cette fois…

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Trois couvertures de MAGNITUDES apparaissent sur un TOP 100…

Parmi les 100 couvertues préférées des lecteurs de la communauté Babélio, trois sont des couvertures de JDH EDITIONS, et en particulier de la collection Magnitudes!

Il s’agit de couvertures de romans :

ARYTHMIES arrive à la 27ème place, CENDRILLON DU TROTTOIR arrive à la 29ème place, et enfin L’AME DU MANGUIER arrive à la 47ème place.

Les dessins des deux premières ont été réalisés par notre directeur littéraire et artistique Yoann Laurent-Rouault.

C’est une belle récompense de la part des lecteurs pour le travail accompli par les équipes de  JDH EDITIONS sur ces couvertures.

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Interview de Gilles Nuytens, auteur JDH

Interview réalisée par Jean-David Haddad, à l’occasion de la parution du classique d’Etienne de la Boétie (« Discours de la servitude volontaire ») préfacé par Gilles Nuytens.

 

JDH – Bonjour Gilles. Vous êtes belge, vous vivez à Bruxelles me semble-t-il, vous êtes un artiste et vous êtes hypersensible. Voilà ce que je crois connaître de vous. Confirmez-vous ce portrait ?

GN – Bonjour. C’est exact. Je suis ce qu’on peut appeler un artiste « multi-potentiel ». Un touche-à-tout en quelque sorte. J’ai fait des études de bande dessinées à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. J’y ai appris non seulement le dessin, la narration mais aussi l’illustration et la photo. Les cours étaient très variés et hétéroclites. Ensuite, j’ai fait une formation de webdesign et d’infographie. J’ai travaillé quelques années dans ce milieu. J’ai également suivi une formation de scénario, puis de photos et plus tard j’ai pris des cours d’acting studio en parallèle avec des cours de théâtre. Je m’ennuie très vite si je reste à faire tout le temps la même chose. Donc, j’ai besoin de varier ce que je fais. La routine me tue. Quant à l’écriture, je l’ai un petit peu apprise par moi-même. Je vais dire que les graines ont germé quand j’avais 13-14 ans en cours de français. Pour un exercice, nous avions du écrire une nouvelle et ça m’avait beaucoup plu, c’est là que mon imagination se mettait en route. Elle était débordante. J’adorais inventer des histoires. J’ai du en écrire 3 durant ma scolarité si je me rappelle bien. Autant, je n’aimais pas l’école, autant écrire ces textes me motivait. Mais je n’ai plus rien écrit jusque dans les années 2010. J’avais alors un projet de roman qui n’a pas abouti mais j’en ai tout de même tiré une petite histoire à la place, sensée se passer « avant ». Une « préquelle » comme on dit aujourd’hui. Et c’est de là que tout est parti. J’en ai écrit une seconde, puis une troisième et ainsi de suite. Pour terminer quelques années plus tard par un véritable roman, intitulé Pasta Wars, que j’ai autoédité en 2017 grâce à une campagne de financement participatif. J’en ai vendu une centaine d’exemplaires, ce qui pour une autoédition n’est pas trop mal encore je crois. Récemment, je me suis mis à apprendre l’édition de musiques (remastering, montages audio). Je fais des versions longues de musiques de film et je les remasterise si nécessaire (les chansons et musiques des années ‘80 sont souvent victimes de la qualité du support de l’époque : souffle, son étouffé, craquements…).  J’ai tout appris par moi-même. Ma chaîne Youtube où je publie mes travaux musicaux vient d’ailleurs de dépasser les 2 millions de vues en à peine 1 an dont le dernier million durant ces 2 derniers mois seulement.

JDH – Vous venez de préfacer, à ma demande je le précise, un très ancien classique français : «Discours de la servitude volontaire » de Etienne de La Boétie. Je vous en remercie. En fait j’avais vu votre commentaire sur Facebook concernant ce texte, et j’ai eu envie que vous puissiez associer à jamais votre nom à celui de La Boétie.

GN – Je vous remercie également de m’avoir fait confiance pour ce travail. Je suis honoré de pouvoir y associer mon nom ! Effectivement, le sujet m’intéressait beaucoup mais pas seulement à cause du contexte actuel. J’avais déjà effleuré le sujet dont parle Etienne de La Boétie bien avant dans les nouvelles que j’ai écrites et dont j’espère un jour publier un recueil. J’y décrivais des mondes « alternatifs » dystopiques avec une forme d’anticipation sur la société actuelle. Du surréalisme « à la belge » comme on dit parfois. D’ailleurs, certains éléments de ces nouvelles écrites il y a près de 6 ans maintenant sont en train de devenir notre quotidien actuel. Je suis halluciné et terrorisé. Pourtant lorsque je les ai écrites, c’était sensé être absurde et caricatural… Je vous recopie une citation qui pour moi résume en une phrase la pensée de La Boétie sur le sujet : « Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu’il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu’il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait à le voir qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté mais bien gagné sa servitude ». Ce texte a près de 500 ans ! Le monde n’a vraiment pas évolué. Car je pense effectivement que le monde actuel est dans un état de servitude volontaire assumée. Les gens en sont même presque fiers. Je ne me reconnais plus dans ce monde, c’est de pire en pire. Le monde a toujours été dans une forme de servitude volontaire mais ces dernières années, ça a atteint des sommets. Quelle effroyable époque nous vivons ! Bien sûr, il y a eu pire par le passé mais ce n’est pas une raison pour se taire sur ce qu’il se passe maintenant. Qui plus est, à l’époque, on savait qui était « l’ennemi ». Aujourd’hui, les gens obéissent comme des automates sans nuance, sans réflexion car on nous le martèle depuis 1 an : « c’est pour le bien de tous ». Leur esprit critique est complètement anesthésié par ce discours médiatique unilatéral qu’on nous sert en boucle partout. Il suffit d’invoquer le mot magique « précaution sanitaire » pour qu’ils obéissent tous au doigt et à l’œil et se transforment en esclaves bien serviles et bien dociles. Je risque de me faire lyncher pour dire ce qui suit mais tant pis, j’assume pleinement car je me dois de faire le rappel : « Le travail vous rendra libre » disait un dictateur du 20ème siècle. Or aujourd’hui, on nous dit : « le vaccin vous rendra libre ». Cette phrase est même écrite en grand au dessus de certains centres de vaccination en Belgique. Ça laisse songeur… J’ai envie de vomir.

JDH – Vous avez écrit l’été dernier « Le meurtre du bon sens », publié chez JDH Editions dans la collection « Drôles de Pages ». En quelques lignes, de quoi traite ce livre ? Pour nos lecteurs qui ne le se seraient pas encore procuré.

GN – L’idée a germé dans ma tête le jour de l’annonce du « premier » confinement, le 17 mars 2020, jour de mon anniversaire. J’étais tellement en colère contre le monde et contre mes « amis » qui venaient me menacer, me faire des leçons de morale, m’insulter, me lyncher et me souhaiter les pires malheurs du monde que j’ai décidé de mettre par écrit mon ressenti de la situation. Juste parce que j’avais exprimé ce que je ressentais face à cette folie et mon désaccord total avec les mesures du gouvernement, j’étais devenu un paria. Dans ce livre je dénonce l’absurdité de cette situation telle que je la vivais à ce moment. J’avais l’impression que le monde entier basculait dans une idiocratie aux relents fascistes, que les gens perdaient totalement la tête et le contrôle. Je ressentais cette surenchère médiatique suffocante en train de faire basculer le monde dans la folie pure. À l’origine, ce ne devait être qu’un billet d’humeur à envoyer aux principaux médias. N’ayant jamais eu aucune réponse ni retour, j’ai donc décidé d’en faire un livre à part entière. J’y ai aussi rajouté une petite nouvelle d’anticipation dans la même veine que les nouvelles que j’avais écrites auparavant. J’en ai d’ailleurs réutilisé certains éléments. Je me demande parfois si quelque part je n’aurais pas des dons de visionnaire puisque j’y annonçais déjà au mois d’avril des choses comme les multiples confinements et surtout cette fameuse « loi pandémie » qui est en train d’être votée en ce moment même en Belgique… soit quasi 1 an après en avoir parlé dans mon livre. Je l’avais appelée à l’époque « Loi Confinement », mais l’idée est identique.

JDH – Quel parallèle pouvez-vous faire entre votre œuvre publiée en 2020 et celle de La Boétie, publiée 5 siècles plus tôt ?

GN – La préface que j’ai écrite pour ce livre est un petit peu la continuité logique de mon livre « Le meurtre du bon sens ». Merci de cette opportunité d’avoir pu y développer encore un peu plus le sujet. Les parallèles entre la situation actuelle et le thème développé par la Boétie sont violents et flagrants. La seule différence est que La Boétie parle de servitude envers un tyran alors qu’aujourd’hui, cette servitude est à placer plus du côté d’une forme d’inconscient collectif induit par l’addiction aux médias et principalement aux médias dits « sociaux ». Tout y est décuplé : une goutte d’eau devient un océan, une photo prise hors contexte devient virale, une phrase innocente est interprétée et amplifiée selon le fantasme aléatoire de chacun. On fait dire aux mots et aux chiffres ce qu’on veut selon l’angle d’interprétation. Les mots et les chiffres ne mentent pas mais selon la façon dont ils sont présentés, on peut leur faire dire tout et leur contraire. Or la population est complètement sous l’emprise médiatique, l’esprit critique a été réduit à sa plus simple expression. Les gens sont en état de servitude volontaire face aux médias. Ils sont hypnotisés. Et l’addition est salée puisque ces médias tous ensembles ont en quelque sorte créé cette catastrophe mondiale que nous vivons actuellement. Pas volontairement évidemment, mais dans sa course effrénée pour le buzz, la surenchère médiatique a causé des ravages indélébiles et irréversibles dans la société. Je pense que nous avons atteint un point de non retour. La situation actuelle n’en est que le fruit. Un fruit dont les prémisses étaient déjà présent depuis de très nombreuses années. On en avait eu un avant goût avec le H1N1 en 2009. Mais les réseaux sociaux ne faisaient alors qu’émerger doucement à cette époque. La soumission à l’autorité est aujourd’hui induite grâce à la peur disséminée partout à chaque instant. Ce matraquage est digne d’une véritable propagande inspirée de régimes totalitaires comme la Chine. Au plus on fait peur aux gens, au plus ils réclament des mesures, comme un âne à qui on brandit une carotte attachée à un fil. Ils ont tellement peur qu’ils en redemandent même. Depuis des décennies, nos droits nous sont ainsi insidieusement retirés goutte à goutte, tellement discrètement que les gens n’y font même plus attention. Ils poussent une gueulante et c’est terminé, ils passent à autre chose. Retirer une pierre d’une montagne ne se verra pas mais après un certain temps, si vous en retirez une chaque jour, elle finira par se rétrécir sans que vous ne vous en aperceviez. Avec nos droits, c’est exactement pareil. Retirez un gros bloc de la montagne et remettez en un plus petit et les gens applaudiront l’installation du plus petit bloc. Retirez les droits fondamentaux des gens puis rendez leur une partie de ceux-ci et ils applaudiront. Mais qu’applaudissent-ils ? Ils applaudissent la PERTE de leurs droits, ils applaudissent leur servitude gagnée.

JDH – En quoi votre hypersensibilité est-elle mise à l’épreuve avec le contexte que nous vivons ?

GN – En ce moment mon hypersensibilité est comme un volcan prêt à entrer en éruption à chaque instant. L’hypersensibilité n’est pas du tout un phénomène de mode ou une lubie, c’est un fonctionnement spécifique du cerveau. C’est vraiment biologique et neurologique contrairement à ce que beaucoup s’imaginent. On en parle beaucoup en ce moment simplement parce que ça a été découvert il n’y a pas si longtemps (même si Jung en avait déjà déposé les bases il y a un siècle) et avec les réseaux sociaux, vous savez, tout prend toujours des proportions dramatiques. L’hypersensibilité, c’est en fait un ensemble de facteurs qui engendrent tout un tas de réactions psychiques et physiologiques très mal comprises et interprétées par la société en général. L’hypersensibilité c’est une sensibilité puissante des neurotransmetteurs du cerveau chez la personne hypersensible. Le cerveau d’une personne hypersensible fonctionne différemment de celui de la plupart des gens : il a une activité neuronale beaucoup plus intense que la moyenne et ses neurones sont mieux connectés entre eux, ce qui lui permet de capter plus d’informations en moins de temps qu’un cerveau « ordinaire ». Le cerveau fonctionne donc plus et plus vite et ce, de façon permanente. Voilà un aperçu en bref de ce qu’est techniquement l’hypersensibilité. D’ailleurs, je vous prépare quelque chose à ce sujet, à découvrir bientôt chez JDH Editions. La sensibilité à l’injustice est également un élément très important. Alors pour vous dire, avec la situation actuelle, tous mes « capteurs » sont au rouge quasi en permanence, c’est extrêmement dur à gérer. Je ne regarde plus les infos tellement ça me rend dingue. Je suis prêt à éclater à tout moment. J’ai souvent envie de crier, de hurler et de tout casser. Parfois, j’ai même envie de prendre ma voiture et de foncer à du 200 à l’heure dans un mur pour que ça s’arrête. Je ne fréquente plus les magasins car je suis devenu une persona non grata, même si je détiens un certificat médical parfaitement en règle me permettant de ne pas porter la « muselière » obligatoire. Le secret médical est d’ailleurs très versatile en ce moment… À chaque fois que j’ai tenté le coup, c’était les crises de nerfs, l’hystérie, les insultes, les menaces. L’être humain est vraiment abject. C’est très difficile à gérer et j’ai peur de péter les plombs et de ne plus pouvoir me contrôler. J’ai vraiment peur de ce qui pourrait arriver, de mes propres réactions car me soumettre est juste impensable, ce n’est pas une option, c’est viscéral : je ne me soumettrai JAMAIS. J’ai peur que ma colère prenne le dessus et que ça finisse par un véritable drame. Rien que d’imaginer la situation et je me sens déjà bouillonner à l’intérieur. Je suis comme une bombe à retardement, un petit peu comme si j’étais l’incroyable Hulk (sans tous muscles et les effets spéciaux) : à la moindre contrariété, il pète les plombs et devient incontrôlable. Donc, il est préférable que je m’éloigne de tout ça. Pour le bien de tout le monde.

JDH – Les restrictions, à Bruxelles, sont-elles globalement dures à supporter ?

GN – Extrêmement dures et inhumaines. Mais autant vous le dire, je ne les respecte pas. Je ne les ai jamais respectées et ne les respecterai jamais. Cette nouvelle autorité n’a pour moi aucune légitimité, ce sont des terroristes. L’étymologie du mot terrorisme, c’est « répandre la terreur » et c’est exactement ce qu’ils font, ils ne s’en cachent même pas. Un ministre belge l’a d’ailleurs même avoué, je n’invente rien : les mesures sanitaires sont là pour maintenir la population dans la peur afin que les gens respectent les injonctions du gouvernement. Ils ont fermé les restos et les salons de coiffure dans le seul but de créer la peur car selon eux, la population se relâchait. Pour moi, une autorité qui agit de la sorte devrait être démise de ses fonctions sur le champ. Et pas seulement, ils devraient être traduits en justice. Des gens se sont suicidés à cause de ça. Ils ont du sang sur leurs mains. J’espère qu’un jour, ils seront jugés pour leurs crimes. Quant aux médias, je leur impute l’entière responsabilité de la surenchère de la peur qui est selon moi à l’origine de cette hystérie collective. Lorsqu’on utilise la mort d’une fillette de 3 ans pour faire de la propagande et terroriser la population, j’estime que des sanctions pénales doivent être prises. Les médias ont leur responsabilité dans cette catastrophe (le mot « crise » n’est plus d’application depuis longtemps) et ils refusent pourtant toujours de l’assumer et de l’admettre. Ces restrictions sont d’autant plus dures à supporter car si nous nous y opposons, nous sommes traités comme des parias, des sous humains, des criminels, nous sommes mis au ban de la société. On nous refuse l’accès à de nombreux établissements, ceux encore ouverts bien entendu. Il n’existe plus qu’un seul discours toléré, un discours unilatéral et si vous n’êtes pas d’accord avec ça, vous êtes catalogués dans la section « complotiste ». Le Point Godwin moderne en quelque sorte. À la radio, si vous n’allez pas dans le sens de la ligne dite éditoriale ou de l’angle journalistique imposé, on vous coupe la parole. Ce mot magique « complotiste » clôt tout débat. Pourtant les gens restent spectateurs de ce drame qui se joue devant leurs yeux, de leur propre servitude gagnée. La Boétie le disait déjà à l’époque : la seule solution pour faire perdre tout pouvoir à un tyran est de ne plus lui obéir. Tout seul, il n’est rien. Tous seuls, ces gouvernements renégats ne sont rien. Avec son texte, La Boétie était le précurseur du mouvement de désobéissance civile. Et moi, j’exhorte les gens à la désobéissance civile en masse.

JDH – J’ai toujours connu la Grand Place, une des plus belles places du monde, bondée et polyglotte ; un concentré d’humanité qui fusionne avec cette merveille architecturale. Quelle est l’ambiance aujourd’hui sur cette place ?

GN – Le centre ville de Bruxelles est devenu d’une tristesse effroyable. Mais les choses avaient déjà changé bien avant le « CONvid ». Le Bruxelles que vous avez connu n’existe plus. Ce que j’appelle le « démantèlement » du centre ville de Bruxelles a commencé en 2015 lorsque le bourgmestre (maire) d’alors a décidé, dans sa mégalomanie démesurée, d’en faire le plus grand piétonnier d’Europe. Le résultat fut que d’un centre ville très animé, c’est devenu un ghetto austère pour bobos à trottinettes… Ils cultivent presque des légumes sur le Boulevard Anspach qui était l’une des artères les plus fréquentées de la ville. Visuellement, c’est immonde. Les dernières fois où j’y suis allé, j’ai eu l’impression d’être en Corée du Nord version écolo. Les commerces ont fait faillite les uns après les autres. Ce pseudo écologisme de forcenés est une catastrophe. Pourtant, je suis écolo dans l’âme mais je ne me retrouve pas dans cet écologisme populiste poussé par cette gamine arrogante. Quelle tristesse. Ils ont détruit ma ville. Alors vous pensez bien que si en plus on y rajoute la dictature sanitaire, les distances, les muselières… c’est une vision d’horreur. C’est sinistre. Le monde a pété les plombs.

JDH – Je vous remercie !

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Interview d’HECTOR MARINO, auteur de « Dripping sur tatami »

Jean-David Haddad interviewe Hector Marino, peintre et judoka, auteur de « Dripping sur Tatami », dans la collection « NOUVELLES PAGES » de JDH EDITIONS.

JDH : Bonjour Hector. Parmi nos livres publiés récemment, il y a ton roman « Dripping sur tatami ». Un long roman (près de 400 pages) dans la collection « Nouvelles Pages », à un prix très accessible (moins de 20€). On comprend certainement qu’il y a du judo… on comprend peut-être que ça parle d’art aussi… Le dripping étant une technique de peinture très particulière. Peux-tu nous en dire plus ?

HM : Bonjour Jean-David. Effectivement la trame de mon roman oscille entre judo, dans l’esprit de sa pratique mais également dans son plus haut niveau, et le monde de l’art, l’abstrait. Je vous remercie, le directeur littéraire Yoann Laurent Rouault et toi, à cette occasion, pour la suggestion de son titre, reflétant parfaitement le narratif de l’histoire. J’en profite également pour remercier Yoann de sa formidable préface, lui qui connait si bien le monde de l’art et aussi celui du sport de combat. Le dripping est le mouvement artistique lancé par Jackson Pollock, qui a révolutionné l’art abstrait avec sa technique de coulées et de projections de peinture sur les toiles posées à même le sol. Nous retrouvons cette notion de peinture projetée dans mon récit, mais sur des tatamis cette fois. En effet, Hugo, le narrateur, est un professeur de judo qui un jour décide brusquement de fermer son dojo, pour se consacrer corps et âme à son autre passion, la peinture. Du jour au lendemain, sa salle est métamorphosée en immense atelier artistique et les tatamis sont très vite constellés de tâches de peinture multicolores, victimes de sa fureur créatrice. En quelques semaines, il réalise que le praticable, initialement consacré à la pratique du judo, s’est transformé en un gigantesque tableau abstrait, composé de coulures, de projections accidentelles qu’il compare à une fresque monumentale qu’aurait pu réaliser Pollock lui-même, bien que celui-ci ait toujours refusé la notion d’accident dans son travail.

JDH : Ce roman est une fresque. Il commence quand et se termine quand ?

HM : Oui effectivement, j’ai eu l’ambition de traiter dans mon roman bien de sujets universels, en marge des seuls milieux artistiques et sportifs. L’amitié, l’amour, la trahison… et bien d’autres thèmes liés aux complexités de l’être. Je situe le début de l’histoire en 1962 et elle se termine en 2020, pendant les Jeux Olympiques de Tokyo. Ayant terminé mon roman durant l’été 2019, la fin de celui-ci se déroulait dans une certaine forme d’anticipation et je n’avais pas prédit la crise sanitaire qui allait reporter cet événement mondial à l’été 2021… peut-être seront-ils définitivement annulés, comment pourrait-on le savoir aujourd’hui dans l’étrange période que nous vivons ? Mais s’ils sont maintenus, l’ironie du sort voudrait qu’ils soient intitulés «JEUX OLYMPIQUES 2020 », bien qu’ils se dérouleraient finalement en 2021… de toutes façons une des magies de la forme romanesque est cette liberté de pouvoir se détacher de la réalité.

JDH : Il se déroule entre autres dans la région de Marseille, mais encore ?

HM : Le début de l’histoire se situe à Alger, durant le rapatriement massif des Français d’Algérie vers la France métropolitaine. Hugo et son père se retrouvent ainsi à Marseille puis, quelques années plus tard dans la petite ville balnéaire de Bandol… ensuite le récit emmènera les lecteurs aux quatre coins du monde, partout en Europe mais aussi au Japon, au Brésil, au Canada et en Russie entre autres… dans les traces d’un Hugo entraîné dans ses péripéties liées à ses activités artistiques mais surtout de coach sportif. J’ai personnellement visité tous les lieux évoqués dans mon texte, où je m’y étais rendu dans le cadre sportif, soit en tant qu’athlète soit en tant qu’entraîneur… tous sauf l’Algérie où j’avoue n’y avoir jamais mis les pieds. Mais il me semblait important de traiter les sujets, encore brûlants aujourd’hui pour beaucoup, de ce que l’on nomme maintenant la guerre d’Algérie et des relations Franco-algériennes après son indépendance. Il m’a fallu enquêter et me documenter sur cette période de l’histoire que je maîtrisais bien mal. Mais un ami, Jean-Pierre Durand Gaillard, récemment décédé hélas, m’a beaucoup aidé dans mes recherches. Il avait vécu l’exode alors qu’il était adulte et ses témoignages et explications m’ont été précieux. Merci encore mon Jean-Pierre !

JDH : Tu es judoka… Tu es peintre… Quelle est la part d’autobiographie ? Je présume que ce n’est pas ton histoire car en 1962, tu n’étais probablement pas né !

HM : Si, j’étais né, puisque je suis né trois ans auparavant, en Espagne, en 1959. Hugo, le personnage principal, a sept ans en 1962. Il est vrai que l’histoire pourrait sembler se révéler être assez autobiographique dans la mesure où je traite principalement des deux sujets que je pense maîtriser : le judo de haut niveau et la peinture. Le judo, car après une carrière internationale dans ma jeunesse, et l’obtention de mon diplôme de professeur d’EPS, j’ai été durant 24 ans l’entraîneur du Pôle France Marseille. La peinture, car elle est maintenant mon activité principale après avoir démissionné de mon poste en 2006. Mais, mon livre est bien un roman, et je raconte une histoire issue de mon imaginaire. Durant la phase d’écriture, j’eus même parfois l’étrange impression de ne plus maîtriser mon histoire, la sensation que le récit avançait tout seul. Comme si je me contentais de décrire les scènes et les émotions qui s’étaient imposées, par elles-mêmes, dans ma tête.

JDH : Parle-nous un peu de toi. Tu es peintre et judoka. Quel style de peinture ? Quel niveau de judo ?

HM : J’ai cette impression palpable d’avoir eu deux vies. Deux vies de passions. La première, celle où je ne vivais qu’à travers le judo. Tout d’abord en tant que judoka de haut niveau, où le seul objectif était de remporter un titre olympique. Bien qu’ayant eu une honorable carrière internationale je n’ai pas été champion olympique, cela se saurait ! Puis, j’ai eu ce bonheur de pouvoir continuer cette passion encore 24 ans, mais par procuration cette fois, à travers mes élèves que je devais mener vers le plus haut niveau. Un travail éprouvant mais exaltant où les semaines sont pleinement consacrées aux entraînements, aux suivis scolaires… avec d’incessants déplacements, tous les week-ends, pour des compétitions à travers la France ou à l’étranger… sans oublier les stages durant une grande partie des vacances !

Ma vie actuelle est surtout consacrée à la peinture… depuis ce jour où j’ai été saisi par une toile de Nicolas De Staël. Je ne comprenais pas comment de simples tâches pouvaient provoquer autant d’émotions ! J’ai commencé à peindre timidement en 2000, puis cette passion est devenue dévorante, surtout après 2006, date à laquelle je tournais la page du judo de haut niveau. Première exposition personnelle en 2007, suivie de bien d’autres. Je basculais ainsi d’un monde à l’autre, et comprenais qu’on ne pouvait avancer dans la peinture sans rigueur et abnégation. Je ne crois pas en cette notion d’inspiration, injustement apprêtée aux artistes. Seul le travail et une quête d’absolu permettent d’avancer, dans l’art comme en tout autre domaine. Bien que toujours sensibilisé par l’œuvre immense de Nicolas De Staël, j’explore d’autres pistes, sans doute plus personnelles, notamment dans mes séries abstraites « Japan », sorte de retour aux sources, où je tente d’exprimer une certaine philosophie japonaise associée à la fulgurance du geste du judoka.

JDH : La couverture du livre, c’est une de tes œuvres, c’est bien ça ?

HM : Oui exactement, le visuel d’une de mes toiles de la série « Japan ».

JDH : Tes œuvres d’art se vendent dans quelle fourchette de prix ?

HM : La cotation d’un artiste dépend des ventes réelles réalisées en galeries ou en salles de ventes par un Commissaire Priseur. Je travaille depuis quelques années avec la galerie Don Carli qui me représente en France et dans les salons étrangers. La valeur actuelle de mes toiles se situe entre 500 € pour de petits formats à plus de 5000 € pour de grands formats. Mais, il m’est toujours autorisé de vendre directement lors de visites d’atelier par exemple, à des tarifs bien moindres (sans les marges légitimement appliquées par les marchands d’art).

JDH : Pratiques-tu encore le judo ?

HM : J’enseigne toujours dans mon club de Six-Fours-Les-Plages, le Dojo Cap Sicié. Ce lien avec le judo est toujours vital pour mon équilibre. Un grand plaisir pour moi de continuer à transmettre l’art et les valeurs du judo à mes jeunes élèves, même s’il n’est plus question de haut niveau.

JDH : Ton prochain livre, complètement différent je crois… Peux-tu en dire quelques mots ?

HM : J’ai beaucoup d’histoires dans mes tiroirs qu’il me plairait de développer sous forme romanesque. Mais peut-être est-il trop tôt. Je dois « digérer » mon dernière roman « DRIPPING SUR TATAMI », qui m’a demandé cinq ans de travail obsessionnel, imposé par mon ambition littéraire. À titre de comparaison, mon premier court roman édité en 2007, « Sans aucune étoile autour », avait déjà été rédigé avec la folle prétention d’en faire un roman qui ne tiendrait que par la force de son style, à l’image de Gustave Flaubert. Mais là, la tâche était bien plus dingue. Mon ambition était d’écrire une véritable histoire, qui se révélera être un pavé, avec la même exigence littéraire. Cela peut paraître prétentieux je sais, mais il faut viser la lune pour avoir une chance d’atteindre les étoiles !

Toujours est-il, je ressens le besoin de laisser « reposer » quelques temps ce dernier roman avant d’en attaquer un autre… par contre, je travaille actuellement sur un pamphlet concernant certaines dérives du judo de haut niveau, avec deux autres co-auteurs, un brillant journaliste et un grand monsieur du judo, très connu par ses titres prestigieux, mais également apprécié pour son humanisme et pour ses conceptions pédagogiques… mais sans doute serait-il bon de garder encore un peu le suspense !

JDH : Merci cher auteur sportif pour ces révélations! Nous souhaitons un grand succès à ton livre, qui fait d’ailleurs un beau démarrage!

 

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Malo de Braquilanges ressuscite le roman épistolaire

Un trésor littéraire de plus dans la collection « MAGNITUDES », dont les publications vont se faire de plus en plus rares, en raison d’une sélection drastique.
Voici donc qu’un jeune génie de la littérature, Malo de Braquilanges, ressuscite un genre à lui tout seul : le roman épistolaire.
Avec « Le carré jaune des fenêtres », Malo de Braquilanges nous livre un roman épistolaire tendre et poignant autour d’une lettre d’un père à son fils.
« Le carré jaune des fenêtres » : nouveau trésor de la collection MAGNITUDES
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Interview de Maryssa Rachel

Et voici une interview de Maryssa Rachel, auteure de « J’ai tangué sur ma vie »

 

Quel est le sujet principal de « j’ai tangué sur ma vie » ?

L’alcool, l’hypocrisie sociétale, la dégringolade d’un homme, la vie dans les années 1970 à 2000…  « J’ai tangué sur ma vie » c’est l’histoire de Dédé, un pauvre homme que la vie n’a pas épargné. C’est l’histoire des copains de PMU, des murges, des histoires de vomis, de chiasse de lendemain de cuite, l’histoire d’une séparation, d’un divorce, d’un licenciement…puis, il y a les agressions, l’hôpital psychiatrique, l’opération de la tête, les pertes de mémoires…

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Mon père est mort il y a plus de quinze ans, à cause de l’alcool… je n’écris pas ça pour faire pleurer dans les chaumières… J’ai décidé d’être transparente. Mon père était alcoolique maniaco-dépressif, un truc dans le genre…

Mon père me promettait toujours qu’il allait arrêter de boire…mais…

J’avais 8 ans… je l’ai retrouvé dans la cave, le goulot à la bouche, la main dans le sac…

Puis, il a pris les médicaments, prescrits à l’époque par le médecin. Il faisait des crises d’angoisses suivies d’une sorte de dépression.

Il devenait gros, le père, disons plutôt bouffi- mais certainement pas d’orgueil… le traitement de choc, médocs/alcool, ça rend moche…

Il devenait sale aussi…mais jamais méchant, jamais…

Puis, il est tombé dans le coma… il s’est fait opérer de la tête… Il ne se rappelait pas grand-chose…

Quand j’étais gamine, avec ma mère, on lui rendait visite chez les dingues…Univers oppressant, angoissant, terrifiant pour une enfant de 9 ans…Voir tous ces gens qui n’en étaient plus, tous ces zombies errants ; alcool, drogue, dépression… Je peux assurer que ça marque l’esprit…

J’ai détesté mon père à la hauteur de mon amour pour lui…fallait voir à quel point je l’ai aimé, mon père…alors faut voir, à quel point je l’ai détesté.

Il était bon au début, avant l’alcool… mon père… Je me souviens qu’il me fabriquait des costumes, des tableaux noirs, il me racontait des histoires le soir…

À l’époque je n’savais pas que tout ça me servirait un jour…

Le voir rentrer en titubant à la baraque, incapable de manger une soupe de pâtes, sans en foutre de partout ; l’odeur de l’alcool, les pleurs, les cris… puis l’hôpital… puis mon éloignement…

Je n’ai plus voulu le voir jusqu’à une semaine avant sa mort…je me suis pointée chez lui, comme ça…j’sais pas pourquoi…et hop, une semaine plus tard, il n’était plus là …

Il y a plus de quinze ans…

Si j’avais eu un livre comme « j’ai tangué sur ma vie » entre les mains, ça m’aurait évité de haïr mon père durant toutes ces années. Peut-être l’aurais-je même compris…En tout cas j’aurais compris que l’alcool c’est une putain de gangrène qui dévore de l’intérieur, et que même avec toute la bonne volonté du monde, lorsqu’on est imbibé, on a beau nous étreindre et nous laisser sécher au soleil, rien à faire…

« J’ai tangué sur ma vie » c’est mon livre « pardon d’avoir été aussi conne », mon livre « je t’aime papa »..

 

Qui sont les personnages :

Dédé, né André, loin d’être un clochard céleste à la Bukowski…

Dédé lui, outre le fait qu’en grande partie il s’agisse de l’histoire de mon père comme « susmentionné », Dédé, ça pourrait être Christophe le barman dépressif, qui a dû arrêter son boulot car il n’arrivait plus à se lever le matin ;

Dédé, ça pourrait être Michel, l’assureur, en burn-out…

Dédé, ça pourrait être aussi le pote qu’on voit sombrer sans rien pouvoir faire…

Dédé c’est un peu tous ces alcooliques qui marchent clopin-clopant, à la recherche d’un temps qui n’existe pas…

Puis y a un autre personnage, Françoise, la femme qui n’aime mais qui va se marier, parce qu’elle a un polichinelle dans le tiroir…après tout, en 1975… ça se passait encore comme ça…Elle est pas méchante Françoise, elle n’est pas soumise non plus, c’est Françoise…

Puis y a les gosses, Magali et Ludo…

Puis il y a la mère castratrice,

Le père en train de crever,

Les frangins…

Puis y a les potes du bistrot…

Puis y a le boulot, oppressant… l’usine ce n’est pas bandant…

 

L’endroit ?

Y a pas d’endroit… ah, si pardon… y a le « achélème », mais y a pas de nom de ville, car l’histoire de Dédé peut se passer n’importe où en fait…  y a un lotissement aussi, puis les bars, puis l’hôpital psychiatrique… Puis il y a les odeurs…l’odeur des planques à clodos, odeur de pipi, de vomis, de parfum bon marché, d’after-shave, odeur de cigarette aussi, de cendrier froid, de cacahètes, de Pmu en fait…

 

La musique…

Ouais c’est important la musique, c’est important pour le rythme… poupoum poupoum…

La musique, rythme chaque début de chapitre…Renaud, George Thorogood, Deep Purple, The Who, Boris Vian, Souchon, ACDC, pour ne citer qu’eux…D’ailleurs j’ai fait une playlist sur youtube- sur ma chaine « Maryssa RACHEL ».

https://www.youtube.com/channel/UCvWNmFQaBtnvAL62nSF62UQ

 

L’alcool, parlons-en deux minutes de l’alcool…

Oui, je vais parler chiffres…

Plus de 41000 personnes meurent chaque année à cause de l’alcool. En 2020 et 2021, ils seront encore plus nombreux, c’est certain…

L’alcoolisme c’est la maladie de la honte, celle qui détruit les familles, celle dont il faut taire le nom.

Elle est sournoise et peu s’immiscer rapidement dans la vie de n’importe qui.

L’alcoolisme n’est pas une preuve de lâcheté,

L’alcoolisme n’est pas un manque de volonté, et pourtant durant des années j’ai pensé que « n’importe qui » était capable de s’en sortir.

L’amour ne suffit pas à guérir tous les maux…Tout est vrai, sauf ce qui est faux…

 

Combien de temps pour écrire ce roman ?

On s’en fout du temps qu’on met à écrire un roman, non ? ok…

Je dirais un an, dès que j’ai eu le déclic d’écrire sur l’alcoolisme…

Et si je vais plus en profondeur, je dirais que…ça fait 36 ans…

 

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Interview unique et atypique de Tancrède Culot-Blitek par Jean-David Haddad, au sujet de son « TRIBUNAL DE LA MUSCULATION »

Une nouvelle interview très personnelle, donc atypique voire déroutante, réalisée par Jean-David Haddad sur des sujets qui le passionnent. Il interviewe Tancrède Culot-Blitek, coach sportif, directeur de salles de musculation, diplômé en biomécanique, à l’occasion de la sortie de son livre « TRIBUNAL DE LA MUSCULATION » dans la toute nouvelle collection « Sporting Club de JDH Editions ».

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JDH -Bonjour Tancrède. Tu es l’auteur de « Tribunal de la musculation », un livre qui inaugure la collection « Sporting Club de JDH Editions ». Pour nos lecteurs, je précise qu’ayant été sportif, ayant fréquenté les salles, les clubs de sport, les compétitions, je garderai l’habitude des sportifs du tutoiement réciproque. Voilà pourquoi je tutoie les auteurs de cette collection, même si nous ne nous sommes pas encore rencontrés, ce qui viendra ! Avec un tel titre, on se doute que ce n’est pas un livre gentillet qui donne des conseils pour se muscler chez soi !

TCB – Bonjour Jean-David ! Effectivement, dans le sport en général, on ne se pose même pas la question concernant le tutoiement ! Et, toujours effectivement : des livres qui donnent des conseils sur ce qu’il faut faire, il y en a pléthore, et pas toujours bons, pardon. J’ai essayé de faire un livre sur ce qu’il ne faut PAS faire, plutôt. Après, libre à celui qui a lu le « Tribunal » d’aller voir dans les autres livres si ça correspond !

JDH – Tu diriges trois salles de musculation si j’ai bien compris. Qu’est-ce qui te dérange dans les pratiques actuelles ?

TCB – En réalité, avec le rachat imminent d’une autre société, c’est plutôt quatre salles, dont deux studios de « personal training ». Le problème de notre secteur, selon moi, c’est la trop grande accessibilité au tout venant : les diplômes tels que les CQP, les BPJEPS et même les diplômes universitaires, sont trop médiocres. C’est le domaine de la santé, au sens large, le plus démocratisé ; tout le monde y est spécialiste, tout le monde peut donner des conseils, affirmer telle ou telle chose. Et donc les salles de fitness sont devenues des miasmes d’absurdité, ou on voit tout et n’importe quoi. Or, je le répète : il s’agit de SANTE. C’est embêtant.

JDH – J’ai fréquenté ces salles à l’époque où j’étais jeune homme et où tu naissais… Une époque que tu n’as donc pas connu mais dont on a du beaucoup te parler… Qu’est-ce qui a tant changé depuis ?

TCB – Il y a moins de trente ans, donc ! Mais en dix ou vingt ans, déjà, tout a changé. Avant, la « musculation » était un sport marginalisé, qui se pratiquait en cercle plus fermé. Aujourd’hui, pour répondre à ta question, la différence majeure, c’est internet. Les réseaux sociaux, youtube. Les sites internet de ventes de programmes et les blogs. Avant, un type qui racontait n’importe quoi ne le faisait qu’à quelques autres dans sa salle de quartier ; aujourd’hui, avec un ordinateur, il peut le faire à des milliers, des millions, de personnes, en s’auto-proclamant expert.

JDH – J’ai les paroles d’un tube de l’an dernier qui me viennent en tête… « Ne t’arrête pas quand t’as mal mais plutôt quand t’as tout donné, oui tout donné. Toujours se relever, toujours recommencer
Interdit d’abandonner 
». Tu as reconnu Soprano ! Qui dit plus loin : « Prouve-moi que t’es une machine en enchaînant les fractionnés. Ne t’arrête pas quand t’as mal mais plutôt quand t’as tout donné, oui tout donné ». Elle est terrible cette chanson, non ?

TCB – Ahah, oui. J’ai souvenir d’une cliente, une dame quinquagénaire attachante, qui me demandait de la passer dans le studio pendant ses séances !  Bon, par contre : ne prenez pas ça au pied de la lettre (je m’adresse aux lecteurs). S’entraîner, c’est bien, éprouver continuellement ses limites, moins !

JDH – C’est ça que tu dénonces ? Qu’on devienne des machines, qu’on n’a pas droit de récupérer…

TCB – Je ne le dirais pas comme ça… C’est plutôt qu’on copie des gens qui sont des machines à nos yeux, qui est le problème. Si on parle de musculation, quatre-vingt-dix pour cent des résultats à très long terme sur l’aspect esthétique du pratiquant dépendent de son capital génétique, bien plus que de ses méthodes de travail ou de sa nutrition. Ainsi, un mec avec un physique qu’on aimerait avoir ne fait absolument pas forcément un bon coach. Ses conseils peuvent être extrêmement mauvais, mais sa génétique très bonne. C’est souvent le cas. Mais si l’on ne peut maîtriser que dix pour cent de notre pratique, alors il faut maximiser chaque « un pour cent » ; c’est là qu’est mon combat.

JDH – Parlons COVID. Comme je le dis toujours, je m’étais remis à la muscu il y a 5 ans… Horreur ! Il fallait tout désinfecter, on est pistés si on ne désinfecte pas… Elle est loin l’époque où on alternait du développé couché dans la bonne humeur, où on se crachait dans les mains pour mieux agripper la barre… Cette évolution d’une société qui aseptise tout, l’as-tu aussi perçue ? Moi je dis que les conditions d’une société qui flippe à mort devant les microbes, les maladies, les virus, a germé ces dernières années et qu’on a bien vu ce processus dans les salles de muscu…

TCB – Les grandes enseignes de fitness, c’est vraiment ça oui. Et par moment, ça devient un peu ridicule, je suis d’accord. Mais il faut bien se dire que dans certaines salles, des milliers de personnes peuvent passer chaque jour. Et lorsqu’on les fréquente quotidiennement, ça peut avoir un côté rassurant…  Ce que moi je ne supporte pas, c’est cette manie collective de ne rien ranger ! Haltères, disques, poignées : on prend à un endroit, on remet à un autre, ou même on ne remet pas du tout… Et très vite, la salle est un Enfer pour l’athlète qui à une séance à organiser.

JDH – La crise du COVID est-elle pénalisante pour toi ? Je me doute que oui ! Avez-vous des aides de l’État par rapport à la fermeture administrative de vos salles ?

TCB –  Ma société actuelle est récente (fin 2019), suite à des changements de statuts. Donc nous n’avons des aides que depuis récemment, et très peu élevées. Le plus frustrant, c’est surtout que nous perdons, comme tous nos collègues, des années de développement commercial, de travail. C’est un retour en arrière, en somme.

JDH – Je trouve que la sociologie des salles de muscu a beaucoup changé en 30 ans. Quand j’étais ado ou post-ado, j’étais le seul intello ! Il y avait des routiers, des dockers, des videurs… J’aimais bien cotoyer ces gars-là. Aujourd’hui beaucoup de cadres qui viennent après le travail. Cette évolution n’est surement pas étrangère à celle des normes hygiéniques, mais est-elle selon toi liée aux pratiques que tu dénonces ?

TCB – Je trouve que la démocratisation de la pratique est une très bonne chose : ce fût long, peut-être à cause des publics un peu dissuasifs qu’on y trouvait, comme tu le dis, mais aussi parce que les prix ont beaucoup baissé, et qu’auparavant seuls les purs adeptes y consacraient un vrai budget. Aujourd’hui, il y a de tout, oui, beaucoup de femmes notamment, et ça c’est super. Même si on fait un peu n’importe quoi, c’est forcément mieux que de ne rien faire, et il faut encourager les gens…  En parts de marché, en pourcentages de la population, on est encore, en France, très en retard sur d’autres pays, du Nord notamment ; or on ne dira jamais assez tout ce que le sport apporte à la santé et à la qualité de vie à long terme.

JDH – A l’époque on voulait ressembler à Stallone. A qui veulent-ils ressembler aujourd’hui ?

TCB – A Jeff Seid, à Jeremy Buendia, à d’autres compétiteurs ou influenceurs connus, ou encore à Tibo Inshape ! Internet nous a donné quantité de modèles inaccessibles, et c’est à la fois une source de motivation, et d’illusions…

JDH – Qui dit muscu dit culte de la condition physique et de la force. Tu es spécialiste en biomécanique. Aussi j’ai quelques questions. De plus en plus de femmes fréquentent ces salles. A gabarit égal, à entrainement égal, et sans anabolisants ou testostérone, y a-t-il une différence naturelle de force physique entre hommes et femmes ? Si oui, la chiffres-tu à 10% ? 20% ? 50% ?

TCB – Oui. Forcément, évidemment, et inévitablement. La typologie musculaire, le nombre de myocytes, et le système endocrinien (hormonal), font d’un homme et d’une femme des profils différents ; ça vaut pour tous les sports (aussi puissante soit-elle, Serena prend 6 /0 6/0 contre un top 500 masculin). Mais attention : je connais des femmes bien plus fortes et plus musclées que beaucoup ‘hommes ! Que moi, même. Un corps humain reste un corps humain, et une femme peut atteindre des niveaux que peu de gens imaginent. Mais chiffrer est impossible : déjà, tu as parlé d’anabolisants, et cela fausse la donne car c’est trèèèèèès répandu. Ensuite, entre deux hommes de même gabarit et de même niveau d’entraînement déjà, les différences peuvent être infinies. Ensuite ça dépend de quel exercice on parle (au squat ou au développé couché par exemple), etc.

JDH – Est-ce que la taille influe sur la force ? Je présume que oui puisque des segments plus longs permettent des leviers plus importants et aussi d’avoir des muscles plus longs et donc plus importants… D’où peut-être une surcompensation des plus petits dans les salles…

TCB – Tout à fait ! Les leviers bien sûr, la longueur des muscles, mais surtout les rapports. Par exemple longueur du muscle par rapport à celle de l’os qui le supporte, longueur de fémurs par rapport au tibia et au buste… A taille égale, les proportions changent et font une énorme différence. Mais à très haut niveau, en bodybuilding par exemple, il n’y a que des petits : moins de blessures à long terme, aspects plus « ronds », forcément… En force, c’est un peu différent, car pour les strongmen, par exemple, faire deux mètres permet d’atteindre un poids de corps bien plus élevé, et donc une inertie plus importante (les champions font entre cent cinquante et deux cents kilos). Disons que dans l’ensemble, être petit est un avantage en musculation.

JDH – Pour qu’une femme et un homme aient la même force, en moyenne bien sûr, car chaque cas est différent, à entrainement comparable et à corpulence comparable, je dirais empiriquement à vue de nez que 10 cm de différence suffisent… autrement dit qu’une femme de 1m80 aura à peu près la force d’un homme de 1m70. Qu’en penses-tu ?

TCB – Non, je ne comparerai pas en ces termes.  Encore une fois, il y a tous les cas, mais en général c’est incomparable. Si l’on veut que les gens se représentent, après quelques années de musculation, un homme, quelle que soit sa taille, peut faire des séries de développé couché, en général, à cent, cent-dix, cent-vingt, ou cent-trente kilos, au minimum. Pour une femme, c’est rarissime, voire impossible.

JDH – On stigmatise les obèses dans notre société et dans pas mal de salles de sport. A part quelques cas, on remarque pourtant que les hommes et les femmes obèses ont beaucoup de force physique. Surement peu d’endurance ou de souplesse mais beaucoup de force. Certains fricotent avec des records du monde de force (en traction, en soulevé, etc). Ton avis sur le sujet ?

TCB – Oui : comme je l’évoquais plus tôt, la masse procure de la force. Déjà, l’amplitude est drastiquement réduite (pour toucher la poitrine au développé couché il faut descendre beaucoup moins si l’on est obèse), et donc les mouvements moins durs. Ensuite, le principe d’inertie : par répartition des masses, quelqu’un de très lourd emmagasine énormément d’énergie cinétique en bougeant, qu’il transmet à sa charge… On peut aussi parler de surface de contact : avec un dos très large et gras la barre de squat trouve plus de surface ou s’appuyer, et la transmission de la force de poussée verticale ascendante est bien meilleure, si l’on veut un exemple.  Enfin, et non des moindres : les athlètes recordmen  sont hyper entraînés, et leurs muscles ainsi que leur système neuromoteurs sont très développés, mais on ne le voit pas sous le tissu adipeux ! Le fait qu’ils soient gras garantit qu’il s’entraînent en excédent calorique depuis très longtemps, et donc avec de l’énergie nécessaire pour récupérer et progresser.

JDH – Beaucoup d’anabolisants actuellement dans les salles de muscu ?

TCB – Oui. En entrant dans une salle, presque n’importe laquelle, je peux vous trouver quatre ou cinq individus chargés, voire beaucoup plus aux heures de pointe. Ce n’est pas rare.

JDH – Quelques mots sur le MMA que tu pratiques…

TCB – C’est un sport formidable. De valeurs, de respect, de fraternité. J’y aime l’aspect tactique qui permet à un combattant moins fort debout de trouver un game plan qui lui donnera l’avantage au sol, par exemple, ou vice versa. On y apprend sans cesse, on n’est jamais au sommet. Je ne combats plus depuis des années, mais je me consacre à l’enseignement, à mes jeunes.

JDH – Les meilleurs sont les brésiliens et les russes ; est-ce exact ?

TCB – Ce sont les américains. Même si le propos est, encore une fois, à nuancer. L’organisation phare est l’UFC, où les américains dominent plutôt. Mais il y a de grandes organisations ailleurs, avec des viviers de combattants moins médiatisés chez nous, comme au Japon.  Mais il est vrai qu’au Brésil il y a cette culture du jiu jistu et du luta livre, en Russie du Sambo… ce sont des usines à champions.

JDH – Au MMA, beaucoup de rage et de hargne pour gagner, plus que de technique… C’est ça ?

TCB – Ahah, au contraire, la lucidité et la maîtrise de soi sont la clé ! Suivre le game plan, ne pas se « jeter », écouter le coach, ne surtout jamais céder à ses émotions… sinon c’est fini. Il y a trop de manière de perdre en MMA. Contrairement à une idée encore répandue, c’est un sport moins dangereux que la boxe anglaise ou le muay thai, où les impacts à la tête sont répétés.

JDH – Quelques mots pour conclure ?

TCB – Eh bien, tout d’abord, merci pour ces questions, et pour me donner l’occasion de parler vrai. Dans un milieu où n’importe quel youtubeur fait des tutos abdos pendant le confinement, il est difficile pour les professionnels aguerris de faire la différence.  Je n’ai donc qu’une chose à ajouter : Achetez le Tribunal de la musculation, chez JDH Editions !

JDH – Merci Tancrède pour ces précisions et éclaircissements ! Un livre unique en son genre !

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Podium de février : toujours les mêmes!

Ils ont fait le podium de nos meilleures ventes de l’année 2020.

Ils ont encore fait le podium du mois de janvier.

Et ils refont le podium de février!

Le Covid… Les foules… Le trading…

Ou Les foules… Le trading… Le Covid…

Ou Le Covid… Le trading… Les foules…

L’ordre change mais le podium reste le même.

Le Docteur Erbstein culmine à nouveau, en ce mois de février 2021, en tête de nos meilleures ventes avec son pamphlet « Je ne pouvais pas les laisser mourir ».

Il est suivi de l’Atemporel de Gustave le Bon « Psychologie des foules » (meilleure vente de 2020).

Et sur la 3ème marche c’est Benoist Rousseau avec « Devenez trader pro! » (meilleure vente de 2019 et 2ème meilleure vente de 2020).

Il est possible et même probable qu’il y ait du sang neuf sur le podium du mois de mars!

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Interview de Sylvie Bizien, auteure de « Quatre en quatre temps »

Interview menée par Jean-David Haddad, éditeur

-Sylvie Bizien, avant de parler de votre livre faisons connaissance. Vous êtes une navigatrice : comment cela vous est venu ? De famille ou bien grâce à une rencontre ?

Je navigue depuis mes 2ans, je faisais du dériveur de sport, avec mes parents, puis sur de petits voiliers habitables en Bretagne. Étudiante, j’ai régaté à la course de l’Edhec et au tour de France à la voile. J’ai aussi navigué sur d’autres supports, j’ai par exemple passé un an dans la Marine Nationale et embarqué sur un pétrolier ravitailleur et même sur le porte-avions Clemenceau. Devenue architecte navale, j’ai encore vécu des sorties en mer captivantes, sur les voiliers de la Marine l’Étoile et la Belle Poule, et aussi une semaine au fond des océans sur un Sous-Marin Nucléaire Lanceur d’Engins. Je pratique de plus le kayak, le kite surf et la plongée.

-Vous avez fait le tour du monde en passant par toutes les longitudes et en traversant l’équateur deux fois. À quelle période avez-vous fait cela ?

J’ai en effet eu la chance de vivre mon rêve d’enfant et d’embarquer mari et filles dans cette aventure de 2010 à 2013. Nous avons vécu des rencontres rares dans des îles que le touriste lambda ne peut visiter comme les indiens kunas aux San Blas devant Panama, les danseurs d’Ambrym et les sauteurs du Gol au Vanuatu, les Papous des Louisiades… mais aussi les requins marteau des Galapagos, les raies manta de Polynésie, les dragons du Komodo, les crocodiles d’Australie…

 -Quelles sont les qualités requises pour réaliser cet exploit ?

Il faut d’avoir avoir l’envie, ensuite ne pas avoir peur de l’inconnu, ce qui se gère en préparant au maximum le bateau et l’équipage, formations médicales, expérience technique, et surtout il faut accepter de sortir de sa zone de confort, au sens propre comme au sens figuré.

-Venons-en à votre roman « Quatre en quatre temps ». En une phrase de quoi traite-t-il ?

Mon roman relate les destins croisés de quatre femmes, de 1943 à 2020, le livre emmène le lecteur aux quatre coins de la planète, en résumé c’est un tour du monde en 80 ans.

-Quelle est la part de fiction et la part de vécu dans le destin de ces femmes ?

J’évoque bien sûr la fabuleuse aventure de mon tour du monde, mais je me suis aussi inspirée des vies de plusieurs membres de ma famille, comme ma grand-mère qui travaillait dans un hôtel réquisitionné par la Gestapo, mon grand-père cheminot qui volait du charbon aux Allemands, mon grand-oncle résistant auprès de Jean Moulin. Mon expérience personnelle d’ingénieure navale reconvertie en prof de maths alimente aussi cette fiction.

-Question personnelle : l’Amérique du Sud vous a-t-elle marqué et en particulier les femmes de ce continent si vous en avez rencontrées?

J’ai adoré l’Equateur que nous avons visité seulement à travers les Galapagos. Nous mangions tous les midis dans des cantines familiales ou des femmes extraordinaires nous recevaient chaleureusement. Nous avons passé du temps au Brésil, pendant le carnaval de Salvador de Bahia. Les femmes étaient magnifiques, grimées et joyeuses mais je n’ai pas supporté le contraste avec les enfants abandonnés que l’on croise près des marchés, à se nourrir des déchets et à boire l’eau non potable de la ville. A côté le Brésil achetait des sous-marins à la France, organisait les JO et le mondial de foot. Ça m’a vraiment choqué ! Jorge Amado le relate très bien dans Capitaine des sables.

 

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