Bienvenue en démoncratie !Par Nathalie SAMBAT

Bienvenue en démoncratie !Par Nathalie SAMBAT

Bienvenue en démoncratie. 

(Notre directrice de collection ne mâche pas ses mots; elle est plutôt rebelle aux idées reçues et déboule là où on ne l’attend pas pour  chahuter  avec pertinence l’ordre et la discipline. Sa collection, Case Blanche, axée sur l’éducation et l’intelligence de l’apprentissage, est la grande nouveauté de la maison en ce dernier trimestre de l’an 1 du confinement. Son livre sur la phobie scolaire devrait sortir sous très peu de temps. Livre que je recommande vivement à toutes les familles touchées par ce phénomène de moins en moins marginal. Femme engagée dans le milieu associatif, romancière de talent (un roman est sur le grill pour la fin du premier trimestre de l’an 2 du confinement), son humour, son mauvais caractère et sa bonne humeur, tout comme son professionnalisme aiguisé, en font, pour le directeur littéraire que je suis, une collaboratrice de premier ordre. Nathalie signe aussi l’orchestration d’un nouveau collectif Jdh sur la monoparentalité, « Course en solitaire », bouleversant et passionnant. Parution également au premier trimestre de l’an 2 du confinement.) 

 

« C’est la, c’est la, c’est la salsa du démon… »

Tout le monde se souvient de cet air entrainant des années 80 où la troupe du grand orchestre du Splendid se dandinait sur ce ska dans des tenues aussi drôles que farfelues. Des personnages diaboliques comme Belzébuth ou Vampirella présentaient leurs vices.

J’ai à peu près la même impression en regardant les news : un vieux clip du Top 50 où nos dirigeants, affublés de leurs costumes à la M.I.B (Men in Black), nous balancent les mêmes âneries sur un air sérieux :

« Oui, je suis président (horreur)

Je suis une banque, je suis méchant (horreur, malheur)

Oui, oui, oui, je suis une ordure (horreur)

Je pue l’arnaque et la luxure

Je règne, je dicte, j’ai tous les vices

Et j’ai l’soutien de toute la police

Je vous déteste, je vous maudits

J’suis complètement pourri…

Quand j’vois un gosse, j’lui fous un masque

Quand j’vois une vielle, je la matraque

Je tronque les chiffres, rien ne m’arrête

Car aujourd’hui, c’est la fête

C’est la, c’est la, c’est la,

Sale dé-moncratie… »

Et pour faire avaler leurs maudites potions nous transformant en crapauds, ils utilisent encore et toujours la même arme : la culpabilisation (Cf « le confini qui murmurait à l’oreille des pangolins »). Un sort digne du « crache limace » de Harry Potter : COMPLOTISTE !

Tu doutes ? Tu te questionnes ? Tu essaies de comprendre ? Abracadabra et te voilà complotiste.

Leurs informations sont dissonantes, leurs décisions incohérentes, leurs chiffres et leurs études tronquées, leurs réformes liberticides, mais celui qui soulève cela est fustigé !

On se croirait à un procès du moyen âge pour sorcellerie où tout écart par rapport aux positions officielles de Rome était considéré comme une hérésie en faisant croire que l’on pouvait obtenir de vrais pouvoirs surnaturels en collaborant avec le diable par peur de perdre les leurs. Les inquisiteurs envoyaient au bûcher toute personne s’opposant aux diktats.

Aujourd’hui, le mot complotiste a remplacé le mot hérétique, mais le résultat n’est pas très éloigné…

Tels des gueux du XIVème siècle, les gens crient aux sorcières pour un documentaire qui ne met en avant que des questions auxquelles le gouvernement refuse de répondre alors que ce ne sont que des faits ! Il est pourtant irréfutable que le Lancet est une étude corrompue, que Sanofi refuse malgré tout d’honorer les commandes d’hydroxychloroquine sous pression de l’état et que le Pr Raoult comparaît devant l’ordre des médecins pour avoir fait son job !

Les médias ressemblent à la cour des miracles, un espace de non droits où la désinformation règne impunément. Sur une publication de France Inter à charge contre le film « dont il ne faut pas dire le nom », j’ai vu des centaines de commentaires de serfs hurlants au scandale avec hargne, une fourche dans la main ! « Brûlez-le ! Brûlez-le ! ».

En bonne possédée par la compréhension que je suis, je questionne, et, surprise ! Une majorité juge sans avoir vu le film ! D’autres, beaucoup plus intelligents, n’ont eu besoin que de cinq minutes de visionnage pour comprendre que c’était un film diabolique ! Comme dans le sketch des Monty Python « comment prouver qu’elle est une sorcière » où la preuve avancée est « elle en a tout l’air ! ». Dans quelques semaines, ces personnes crieront-elles au film pornographique dès qu’elles verront la cheville dépasser de la robe longue d’une damoiselle ?

Alors je passe une annonce…

Oyez, Oyez, braves gens, damoiselles et damoiseaux! Quérez un balai de sorcière de ce pas ! Pas pour s’envoler, quoique, mais pour aller les réveiller avec le manche !

En démoncratie, ceux qui questionnent sont complotistes. Il est urgent de revenir en démocratie, de retrouver son libre-arbitre et de rester constatiste .

Votre troubadour,

Nathalie SAMBAT

Ecrivain et directrice de la collection Case Blanche chez JDH Editions

  • Le premier livre de la collection Case blanche, dirigée par Nathalie Sambat.