Avant…

Avant…

Confidences à la lune

La réalité du quotidien , c’est que pour prétendre survivre, il faut, dans ce monde de  » merde » avoir un  » vrai  » métier.
 » Il faut faire bouillir la marmite  » comme disait ma grand-mère.
Et l’ Art, c’est un loisir, pas un métier…

Alors c’est comme ça, que j’ai décidé de devenir « Avocat ».
Oh! Je vous rassure, pas seulement pour faire du fric, mais pour défendre les opprimés. Mon côté  » Zorro  » en quelque sorte ..
Mon parcours Fac a été pour le moins épique, mais j’en garde un bon souvenir. Pas de fric, mais de la rigolade.
de la passion, de l’idéologie… A gauche… Gauche.
Je me souviens qu’un jour avec sa moto, Gigi et moi, on avait descendu le col de la faucille comme des marteaux … on en avait bien ri . Mais c’était avant.

 » Il bondit comme un diable avec des flammes plein les yeux dans le bruit de sa moto et du tuyau d’échappement, roulant vers le midi avec du rêve plein le cœur « .
Gigi… Il gagnait du fric à Genève et s’était acheté une grosse cylindrée… C’était plus simple que le train pour venir me rejoindre.
Il roulait comme un fou… Ivre de vitesse… Moi je flippais un peu à l’arrière, mon corps épousant le sien.
Je l’aimais, il m’aimait… On était jeunes et inconscients.
Quand on a vingt ans, la mort c’est pour les autres. Et nous on vivait à cent à l’heure.
Un matin, la vie s’est arrêtée là, sur une autoroute, sur le chemin du Sud.
Tu as gagné l’éternelle jeunesse Gigi … Adhisat.
Tu as emporté nos rêves dans ton bagage.

Désormais, je sais ce que c’est que d’avoir très mal, mal à ne plus savoir comment pleurer, quand j’entends Johnny chanter « Avant », des larmes imbéciles et inutiles inondent encore mes yeux.
Je sens l’odeur de ta peau, je revois ton sourire et la tâche rouge dans ton œil qui faisait ton charme et ta différence ..
Tu le jouais si bien… « Avant ». Et moi, j’ai posé définitivement ma guitare au grenier.

Tu vois l’amour… Ne meurt jamais…Mais ça, c’était « Avant »…

Patricia Vidal Schneider  (copyright )