Conte de Noël, par Yoann Laurent-Rouault.

Conte de Noël, par Yoann Laurent-Rouault.

Conte de Noël

 

Un chef de l’état, roi républicain, père adoptif de Jupiter, monarque de la pluie, vendeur émérite de thermomètres, a décidé un jour d’adopter une posture religieuse en plus de sa posture politique désastreuse.

Car, tout comme la figure de proue des chrétiens, dorénavant, il souffre pour son peuple.

Et il lui pardonne parce que son peuple ne sait pas ce qu’il fait.

Être roi, même à moitié élu, ne lui suffisait plus. Il lui fallait plus. Beaucoup plus. Il lui fallait symboliser sa dévotion pour son peuple par un acte fort et indépendant de sa volonté.

Par l’intervention du divin.

Du destin.

Comme Excalibur a reconnu Arthur au temps jadis, la covid,  de la 19 à la 144, l’a reconnu, lui, notre saint banquier malingre.

Et elle a bien eu raison, nom d’une éprouvette, car son abnégation de tous les instants, n’a d’égale que sa bonté envers vous.

Sa compréhension de votre famille et de votre compte en banque.

Son amour des trusts et des franchises.

Sa passion des jeunesses embrigadées et des crèches républicaines.

Tout cela est bon pour le petit peuple François, se disait le virus. Je choisis mon porteur.

Les hommes sont de grands enfants, moins la liberté les corrompra, mieux ils se porteront !

Confinons-les dans une pieuse reconnaissance.

Et pour enfoncer définitivement les clous sur les croix,  il fallait que l’élu devienne une relique vivante.

La boucle est bouclée, la vie comme les médias, tout est bien fait dans le meilleur des mondes.

En ce temps de partage, qu’impriment dans les âmes les fêtes de fin d’années, ce qu’il faudrait  pour tout ça, en plus du reste, c’est une messe à sa gloire, et donnée sur le parvis de Notre-Dame. Monument qu’il fait d’ailleurs reconstruire, contre les feux de l’enfer, lui l’omniscient père des arts et de la littérature. Et à quand la venue d’un pape sous verre, pour canoniser notre quadragénaire  victime de la folie politique des pêcheurs inconscients que nous sommes?

Saint Garovirus, nous prions pour vous,  et votre souffrance depuis Versailles, est perceptible pour tous les Français. Nous souffrons avec vous.

Dans les chaumières, les petits enfants sont à genoux, leurs mains sont jointes  et leurs visages contrits. Ils chantent doucement la Marseillaise comme une litanie mystique. Dans la chambre des jeunes filles, s’il ne se passe rien, leurs grand-mères n’en pensent pas moins. Car il réveille les âmes des cougars qui sommeillent en elles. Il a ce pouvoir de réveiller la vitalité en elles, comme son prédécesseur avec Lazare.

Gloire à Garovirus saint parmi les saints !

Seulement, au sortir de ce merveilleux conte de Noël, je me pose une question : et le père Noël dans tout ça, que devient-il ?

Car avec cette actualité grippée, il est spolié, dépassé, enterré, concurrencé par Amazon…

Pauvre bonhomme traîneau…

Pris dans l’avalanche…

Et vous qui lisez ce conte, est-ce que vous y croyez encore, au père Noël ?

YLR