New Romance… ? Romance sexy ? Par Zéa MArshall

New Romance… ? Romance sexy ? Par Zéa MArshall

New Romance… ?  Romance sexy ? Par Zéa Marshall.

J’hésite.

Mon stylo virevolte au-dessus de mon cahier petits carreaux à spirales.

J’hésite.

Mes yeux se relèvent tout doucement, quittent ma page, se posent sur la mer et les vagues qui clapotent. Plage du Sillon, Saint-Malo. Août 2020. J’aime cet endroit. Inspirant. La lumière est éclatante ce matin. Le ciel d’un bleu limpide. L’ile du Fort National se dessine à l’horizon. La grande étendue de sable est presque déserte. Quelques joggeurs la foulent.

Il est tôt et j’hésite.

Mon crayon tournoie entre mes doigts. Un tic quand je réfléchis pour écrire.

En panne d’inspiration ?

 

Non. Mon esprit bouillonne.

J’hésite sur le terme que je vais griffonner pour dépeindre cette scène d’amour que j’imagine. Pourquoi je tâtonne ? Parce qu’il va falloir assumer, cette séquence de sexe qui me paraît indispensable pour décrire la passion qui unit mes deux personnages.

Une histoire d’amour avec un grand A. Un beau gosse plutôt taillé, musclé, genre yeux de braise, un tantinet Bad Boy, une jeune femme au cœur écorché qui s’est juré de ne plus jamais chérir qui que ce soit.

 

Bienvenue dans la New Romance et ses codes.

De la romance sexy, addicte, du livre de plage qui se dévore, rougissante, allongée sur un transat. De la romance dont les lectrices peuvent acheter dix opus d’une collection le même jour, dont on ne compte plus les groupes Facebook partageant les dernières trouvailles et pépites. De la romance qui a réconcilié nombre de femmes avec les livres. Une romance qui surfe sur des auteurs américaines Star découvertes via des plateformes d’écritures en ligne spécialisées : Wattpad, Fyctia…

De la romance pour filles.

Oui, Messieurs, si le genre ne nous est pas réservé, quatre-vingt-dix-neuf pour cent de l’auditoire sont des femmes. Des mères de famille, des business girl, des retraitées, des guerrières, des mères célibataires, des employées, des cadres… Des femmes qui dévorent ces ouvrages en broché ou sur le kindle. La New Romance n’a pas de castes.

Je cherche le matin où je me suis levée et ai décidé d’emporter un cahier qui ne m’a plus quitté pour scribouiller de la New Romance ? À quel moment je me suis dit : « Tiens je vais écrire des histoires d’amour avec des scènes crues ou très explicites ? »

Une prédestination ? Non.

Enfin…

Mes auteurs préférés et leurs livres que j’arrache comme des petits pains (je fais même le pied de grue devant ma librairie, le jour d’une sortie) ne versent pas dans ce domaine. Non. Ken Follet, Steve Berry, Giacometti et Ravenne, ma came, sont loin, loin de ce que j’écris.

Pas de mimétisme dans cette envie.

J’avoue, au moment de mon adolescence avoir dévoré la collection Harlequin de ma cousine (la rouge, sinon c’est plan, plan, pour ne pas dire autre chose). Oui. Une quinzaine par semaine. J’avoue avoir emprunté un Marquis De Sade, interdit, caché dans la bibliothèque de ma mère grâce à la sélection France Loisirs. Les écrits m’ont perturbé…

Est-ce que je lis de la New Romance ? Est-ce que je kiffe certains auteurs. Oui. Je lève le bras bien haut. J’ai dévoré « Effet de Vagues » de Jana Rouze, au-delà de la New Romance, elle nous enivre. Ces chapitres sont extrêmement documentés. Une trilogie de mille pages pour chaque exemplaire qui se dévorent. Respect. J’ai adoré le triptyque d’Irène Cao. Au-delà de l’histoire d’amour, elle m’a transportée dans un Venise inconnu. Des descriptions d’œuvres d’art, de palais italiens… Que dire de « Maestra » de L.S Hilton, un thriller scandaleux mais là, je sors du cadre.

La romance sexy… me détend. Elle me fait sourire, rougir parfois. Elle me rafraîchit.

J’hésite.

À te dévoiler lors de ce premier rendez-vous où nous buvons gentiment un verre et conversons de nos passions, mon univers littéraire, mes choix d’écriture. J’hésite à te parler de ce petit monstre qui me dévore de l’intérieur. Certes, je pourrai t’épiloguer pendant de longs instants du dernier opus qui traine sur ma table de chevet.

Certes.

Je vais t’amener prudemment le sujet de la New Romance.

Je vois déjà tes yeux s’écarquiller quand je vais t’expliquer que mon roman est agrémenté de scènes érotiques. Je t’entends à l’avance ? Autobiographique ?

Non… Pas folle la guêpe. Et puis, vu les performances sexuelles de mes protagonistes, cela serait un peu mytho.

« Je peux le lire ? » Euh… Pas tout de suite. Je vais d’abord te préparer aux codes. Pour t’éviter de me dire, « Oh ! c’est un truc de filles ».

Oui, oui, un truc de filles. Pas un genre littéraire a proprement parlé.

Est-ce que j’assume ? Oui, complètement.

 

Et puis dans un monde, où nous vivons tous masqués, un peu de légèreté…