Auteurs, achats, ventes et réseaux. Par YLR.

Auteurs, achats, ventes et réseaux. Par YLR.

Auteurs, achats, ventes et réseaux.

 

Avec un peu plus d’une année de recul et la création de toutes ces collections pour la maison, avec plus de 120 livres au compteur, j’en sais plus sur ma fonction de directeur littéraire. Et, je suis aujourd’hui capable de mieux orienter les directeurs de collection et les conseillers éditoriaux dans leurs propositions comme dans leurs choix. J’ai conservé mon enthousiasme pour le métier, mais j’ai perdu la naïveté de l’homme de lettres.

À mon grand regret, force est de constater que de nos jours, ce n’est pas seulement la qualité du texte qui importe, et j’entends par qualité l’originalité, le style et l’intelligence du livre. Ce qui compte aussi, et peut-être plus encore, et c’est triste à écrire, c’est la motivation de l’auteur et son réseau. Et son potentiel « clients ».

Aujourd’hui, ces deux derniers facteurs pèsent lourd dans ma décision d’autoriser tel ouvrage à la publication, de refuser tel ouvrage comme de participer ou non à un projet, comme de le valider ou non. Lorsque j’amène un projet à notre éditeur, je ne donne plus dans le sentimental ou le passionnel.

Je parle vente.

Je parle chiffre.

Je parle achat.

Je parle réseaux.

Je parle coût.

Je parle motivation de l’auteur.

Je rejoins la position de mon associé et président, qui est avant tout chose d’assurer la continuité et de pérenniser la maison.

Je constate que les auteurs qui achètent une centaine d’exemplaires de leurs propres ouvrages à sa sortie, qui battent la campagne, qui organisent des dédicaces, qui utilisent les nombreux outils de la maison et qui jouent la carte communautaire, vendent. Et vendent de mieux en mieux.

Comme je constate que les auteurs qui n’achètent pas leurs propres livres, qui n’actionnent pas ou peu ou mal leurs réseaux, patinent. Patinent et de plus, nous reproche de ne pas assez promouvoir leur œuvre.

Mais, pour assurer la promotion d’un livre, encore faut-il que l’auteur donne des réponses, voir, dans certains cas des signes de vie… Nos dédicaces On line, sont très révélatrices  sur le sujet. Il n’y a pas de secret : l’auteur qui se bouge, vend. L’auteur qui ne se bouge pas, ne vend pas.  Ce qui chez JDH représente 1/6 des auteurs recrutés ces quinze derniers mois.

Pour ces mêmes auteurs, quand je les ai recrutés, tous m’ont affirmé savoir qu’il faut se démener pour vendre son livre, que la concurrence est terrible, que leurs réseaux sont actifs et que leurs motivations sont au top.

Ouais… Leurs livres sont bons, certes, nous avons fait belle présentation, mis des budgets publicitaires, mis toute notre artillerie en batterie et pourtant leurs livres ne décollent pas. 10 ventes, 20 ventes, 30 ventes au bout de 6 mois… Catastrophique… Dans les pires cas, ces auteurs disent que la maison ment sur les chiffres de ventes. Qu’il faut revoir notre système et quelquefois certains vont même jusqu’à dire que nous n’avons pas la bonne politique d’entreprise ! Car tout à coup, la maison d’édition devient enfin pour eux une entreprise… Surprenant !

Mais, chers amis auteurs, c’est votre livre lui-même qui est une entreprise ! Considérez donc la question avant de jeter la pierre à votre éditeur. Le monde de l’édition change, aujourd’hui les plus grands, ne sélectionnent que des auteurs qui ont un fort potentiel dans le domaine de la communication et dans le domaine commercial. Une dernière chose : les éditions JDH ne pratiquent pas l’auto-édition. Donc, signer un contrat chez nous, c’est accepter que des professionnels du livre prennent en main votre texte. Et pour ce faire, il y a des décisions à prendre, sur les couvertures, sur la mise en page, sur les corrections, sur le choix de la collection, comme il y a un calendrier de production à respecter, comme nous savons ce que nous avons à faire.

Bien à vous, YLR, votre méchant directeur littéraire.