Tu n’iras pas à l’école mon fils de Yoann Laurent-Rouault par Béatrix Delarue

Tu n’iras pas à l’école mon fils de Yoann Laurent-Rouault par Béatrix Delarue

« Tu n’iras pas à l’école mon fils » de Yoann Laurent-Rouault, JDH éditions, par Béatrix Delarue ( Auteure de L’Âme du Manguier chez JDH éditions)

Mystère et boule de gomme…mais qu’est ce qu’un pamphlet littéraire ?

Le pamphlet est un écrit court qui attaque, dénonce ou souligne une idée et qui permet un débat ou non. Voltaire, Zola ou encore Céline, beaucoup d’auteurs ont écrits des pamphlets célèbres. L’école n’est plus ce qu’elle est pour plusieurs raisons, sommes-nous formatés au point de toujours dire oui à tout, au point d’entrer dans un moule et de ne plus pouvoir en sortir ? Est-ce que les choses pourront changer un jour , s’améliorer, de nombreux questionnements après la lecture de ce pamphlet d’autant plus, pour une personne comme moi, qui a aimé enseigner.

-Papa, c’est quoi l’école ?

Vaste question où l’auteur tente de répondre, tant les mécanismes, les échecs, les programmes, ses manuels, sa gestion, ses harcèlements, ses enseignants fatigués, tant de choses sont incohérentes. Les parents envoient leurs enfants à l’école avec les meilleures intentions, croyant que c’est ce qu’ils ont le plus besoin au monde.

Certains doutent, concernant les performances de l’école, mais la sagesse conventionnelle dit que ces problèmes pourrait être résolus avec plus d’argent, de meilleurs enseignants mieux formés, des programmes plus adaptés.

Et le talent ?

Mais que faire si le vrai problème, c’est l’école elle-même ? La triste réalité est que l’une de
nos institutions les plus chères met en échec, par sa nature même, nos enfants et notre société.

L’école est un lieu que les enfants sont obligés de fréquenter, et où leur liberté est fortement restreinte – encore plus restreinte que la plupart des adultes ne saurait le tolérer dans leur lieu de travail. Au cours des dernières décennies, nous avons obligé nos enfants à passer de plus de temps, assis entre quatre murs avec des copies notées. La scolarité obligatoire a été une partie intégrante de notre culture depuis plusieurs
générations.

Il est difficile aujourd’hui, pour la plupart des gens, d’imaginer comment les
enfants pourraient apprendre sans elle à réussir dans notre culture, on demande même d’aller à l’école de plus en plus tôt !

Pourtant, il existe des solutions alternatives, des enfants scolarisés dans des écoles différentes et qui fonctionnent pas si mal mais dans l’ensemble ce sont des écoles privées. Nous ne nous inspirons jamais non plus du meilleur, nous n’observons pas ce qui se passent dans d’autres pays où plus d’art, de sport, de musique et d’activités sont proposés. Les pays scandinaves optent pour une philosophie différente. Son originalité se fonde sur l’application d’un rythme scolaire quotidien différent de notre système français, ainsi que sur la qualité de l’attention et du soutien individuel prodigué aux élèves. Elle repose sur l’idée que chaque enfant est un être à part entière qui possède ses propres périodes et systèmes d’apprentissage et qui de ce fait mérite une attention et un respect particulier de sa personne. Chaque enfant qu’il soit avec un handicap ou non, chacun peut y trouver sa place.

L’accompagnement de l’enfant suit le concept des intelligences multiples afin de l’aider à développer pleinement son potentiel dans l’environnement sûr et stable que constitue un cadre scolaire bienveillant. La relation avec l’enseignant est fondée sur « l’anti-autoritarisme » et la coopération, aussi bien entre les encadrants et les élèves, qu’entre les enfants entre eux. Chaque enfant reçoit l’attention nécessaire en fonction de sa maturité, de ses besoins et de ses difficultés. L’enfant est libre de progresser à son rythme, tout en restant soutenu et encouragé par l’enseignant. Certains disent que ce n’est pas au point, mais dans l’ensemble c’est plutôt positifs et il y a beaucoup moins d’enfants en échec scolaire.

Une amie italienne me disait, ce qui me choque le plus en France, c’est ce rapport entre les enseignants et les élèves. En Italie les élèves ne sont pas assis sur des bancs ou tables en face de leur maître ou professeur, ceux sont eux qui sont au milieu de leurs élèves. Je me rends compte en France tandis que j’enseigne à des enfants de collège, il y a tout le temps se rapport de force entre les élèves et l’enseignant. Et puis quel dommage de toujours employer ce mot de « travail »!

« As-tu bien travaillé à l’école ? demandent les parents. Un enfant travaille à l’école, comme un adulte qui rentre du travail. Un enfant devrait apprendre à apprendre, apprendre à découvrir…apprendre à aimer  pour qu’il puisse se développer en harmonie et orienter ses goûts plus tard. Et puis, pourquoi toutes ses barrières ? En Italie si tu veux faire médecine tu n’as pas besoin d’avoir un bac scientifique. Avec un bac littéraire, tu peux t’inscrire où tu veux. Je sui une scientifique et je suis aussi agrégée en philosophie…Nous avons beaucoup plus de passerelles, notre système se base plus sur la pédagogie de Maria Montessori, même nos facultés en sont inspirées.  »

Avec la crise sanitaire de cette année, l’école a été suspendue, les parents ont dû s’y mettre, le télé-enseignement a marché à certains endroits, pour d’autres, il a été catastrophique dans l’organisation, le temps, et puis certains parents ne veulent ou ne peuvent pas s’impliquer .

On a supprimé les épreuves du baccalauréat par des contrôles continus. Pour ceux qui avaient des options, des stages à valider, ils ne le peuvent…c’est une situation inédite et particulière mais…

Tu n’iras pas à l’école mon fils…Et si c’était une des solutions ?

Et si on allait plus à l’école ?

Ah, oui, mais et les gens qui travaillent ? Comment feront-ils ? Et ceux qui élèvent un enfant seul ? Et oui, l’école c’est aussi une garderie, une cantine.

Mais au moins, pourront nous choisir ce que nous voulons faire avec nos enfants, choisir son école ou choisir la liberté de ne pas y aller et manifester sa méfiance face aux abus que tout le monde connaît ?

Certains ne mangent pas à leur faim, au moins ils ont un repas à la cantine. En maternelle il y a même un petit-déjeuner pour ceux qui ont le ventre vide. Et les enfants mal aimés, maltraités ne sont-ils pas mieux à l’école ? Et les endoctrinés, les intégristes de tous bord ?

Oui, mais…

Et puis, ceux qui ne vont pas à l’école ne savent pas grand chose.

Vous croyez ?

Dans ma région, en Bourgogne, Radio Talveg est allé à la rencontre d’enfants qui ne sont pas scolarisés. Les enfants, avec beaucoup de maturité, racontent eux-mêmes ! Un plus un égal trois !

http://radiotalweg.com/contributions